01.02.2012
1er février 2012 j'ai attendu...

Tout le mois de janvier, j'ai sollicité mes amies de Fb pour qu'elles viennent me rejoindre sur ce blog de femmes que j'ouvre à la collaboration...il me semble que ce serait un excellent moyen de montrer des femmes tunisiennes dans leur réalité, celle de femmes vivant ici en Tunisie dans un contexte pas facile pour les droits fondamentaux. C'est aussi le moyen d'entrer dans des réflexions plus prosaïques de la vie ordinaire voire de la Fantaisie du rêve ...
Une seule règle l'authenticité, la sincérité...de l'écrivaine
A vrai dire j'ai attendu mais rien n'est venu pour l'instant...quelques velléités à la FB Les "J'aime" mais je ne renonce pas ...et vous resollicite...
A vos plumes Mesdames
08:23 Publié dans Activités, ASSOCIATION, Blog Tunisie, Démocratie, Education, FEMMES, Livre, Une femme, un lieu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06.11.2011
Echos de Tunis, le journal, celui d'une femme, enfant de la Tunisie...Moi Dr Geronimi
Pour toutes celles et ceux qui l'ignoreraient ...parmi toutes mes activités, celle de journaliste sur le web est quotidienne et entièrement bénévole...pour tous les adorateurs du Dieu Or ...je suis une folle, une cinglée...une infâme idéaliste et de plus généreuse...bref je les laisse penser ce qu'ils veulent...car ce ne sont pas mes amis...les pilleurs d'idées et autres renégats de la pensée...
En fait étant sur Twitter depuis 2010 et ayant passé la Révolution à suivre en partie les news sur ce même Twitter...aux premières loges de l'info en direct...plus avec Journalisme Citoyen...que j'ai initié et fondé avec le journaliste indépendant Slim Ayedi...le goût du Journalisme me colle à la peau...
Alors ayant vu les applications sur Twitter et la possibilité de créer son propre journal, avec une vraie revue de presse...grâce aux informaticiens de la start-up Small Rivers et leur magazine d'agrégation Paper Li....j'ai créé, cette fois entièrement seule Echos de Tunis, le Journal...
C'est une revue de presse quotidienne depuis Tunis gratuite et directement sur votre mail si vous vous abonnez...un travail personnel bénévole et digne d'être soutenu par vos abonnements, commentaires et en le diffusant auprès de vos amis si vous l'apprécier...Merci
Tyna Tunis alias Dr Geronimi
18:49 Publié dans Activités, Démocratie, Education, FEMMES, Histoire, Livre, Magazine, philosophie, Une femme, un lieu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
24.09.2011
La prochaine guerre en Tunisie de Cyril Grislain Karray; Compte-rendu Dr Martine N. Geronimi
La prochaine guerre en Tunisie
Compte-rendu Dr Martine N. Geronimi
C'est à partir de la compréhension que l'on peut
lutter contre la haine et l'exclusion.
Edgar Morin "La tête bien faite" 1999
En juin et en juillet un livre a été bien médiatisé, celui de Cyril Grislain Karray, "la Prochaine guerre en Tunisie"...avec un titre marketing en diable, suivi d'un "victoire en 5 batailles". Depuis la fièvre médiatique est retombée et pourtant ce livre mérite d'être lu avec attention.
Ce cri d'alarme lancé par l'auteur, un ex directeur et associé du Cabinet de consultants, mondialement connu McKinsey & company, est le résultat d'une analyse fine de la situation de la Tunisie telle qu'elle lui est apparue après s'être installé en Tunisie au premier Janvier 2011. C'est alors que la révolution tunisienne l'a surpris comme la plupart des Tunisiens... mais il a aussi découvert les chiffres cachés et complaisants de l'ancienne époque ... celle où son cabinet avait été approché pour faire des audits sur la Tunisie. Je me souviens d'avoir vu notre auteur présenter officiellement le rapport en 2010, au forum de Carthage, alors que j'accompagnais un prospect français, voulant investir en Tunisie.
Bien sûr en présence des vrais chiffres et d'une réalité percutante, Cyril Grislain Karray est en mesure d'estimer les dégâts derrière les statistiques "poudre aux yeux", maquillant la réelle disparité économique et sociale de la Tunisie. C'est intéressant de voir que la vision de l'auteur est combative. On sent combien, catastrophé par cette réalité tronquée et étouffée par une dictature, l'auteur cherche à trouver non seulement des solutions efficaces mais aussi à mettre en garde la société tunisienne et ses élites sur les dangers qui guettent un pays dont 1 résidant sur 5 est un exclu.

En effet, la thèse de Cyril Grislain Karray s'appuie sur le concept d'exclusion...Pour lui, si un Tunisien sur 5 après la Révolution du 14 janvier n'a pas d'avenir, il est un danger pour la stabilité du pays, il est une proie courtisée par des manipulateurs ...et là on comprend où il veut en venir...Il est d'autant plus important à ses yeux de créer de l'emploi qu'il a l'intuition que deux millions d'exclus face à seulement 100 000 personnes dans les forces de l'ordre ...le déséquilibre est flagrant. Partant du principe qu'il souhaite préserver une Tunisie démocratique et moderne orientée vers le progrès, il propose une stratégie rigoureuse et sans concession pour créer de l'emploi et éviter ce qu'il appelle un tsunami social...une deuxième révolution, une "guerre civile" ...pas moins.
Que préconise-t'il? Il nous parle de 5 batailles...
Je dirai plutôt à la lecture un but à atteindre absolument et 4 axes à privilégier pour l'atteindre : il ne s'agit pas moins que de "Révolutionner l'Economie pour créer 500 000 emplois".en dix ans. Le chapitre portant ce titre est le plus dense et on sent combien l'auteur est un expert en économie mais aussi combien il se place en conseiller ...je dirai même en coach...car il veut une Tunisie la Tête Haute...une Tunisie qui ose vouloir briller (p.66)...Voulant rompre avec une certaine atonie économique et même une culture de l'échec, l'auteur, de mère a tunisienne, a une fibre patriotique évidente...et ne peut se résoudre à voir la Tunisie perdre la bataille et se contenter "des strapontins du monde" (p.33)...
En 11 points précis il développe une marche à suivre percutante qui assurerait un changement réel de modèle économique car son constat est sans appel: on n'a pas le choix il faut oser des sauts de modernité et des stratégies en rupture (p.37). Parmi les 11 points ou gisements à privilégier deux m'apparaissent comme essentiels mais venant heurter de plein fouet certaines mentalités conservatrices...et donc auront probablement du mal à voir le jour...même si la première est dans l'air du temps, le développement d'un véritable pôle associatif à vocation régionale (p.42), il ne sera pas facile de créer des associations qui s'autofinancent et commercialisent des services et des biens à prix modérés...Il sera encore moins aisé de faire changer les mentalités des Tunisiens nantis pour stimuler la consolidation des entreprises. La purge requise par l'auteur contre les "hanouts" et les familles possédantes vivant sur des logiques "tribalo-économiques" (p.53) semblent une nécessité mais accepteront-ils? rien n'est moins sûr.
LES QUATRE AXES PRIORITAIRES.. CONCERNENT LES JEUNES, LES FINANCES, LES FEMMES, ET L'ADMINISTRATION
La culture du travail chez les jeunes est la bataille la plus dure à mener. Elle ne peut se faire qu'à coup de réorientation vers des filières de métiers porteurs: ingénierie informatique et énergies renouvelables. Dans les changements drastiques proposés deux me semblent essentiels: Re-former les formateurs et cesser de s'inspirer du modèle éducatif français...Enfin, focaliser sur l'apprentissage des langues étrangères, et notamment l'anglais, apparaît comme une nécessité absolue. On voit, en lisant cette partie, combien l'auteur est un citoyen du monde qui a su s'éloigner de modèle de la vieille Europe pour se rapprocher d'un standard mondial.
Le chapitre sur les finances est proprement révolutionnaire voire utopique, dans la mesure où pour la première fois on peut lire une volonté de redistribution de l'argent afin de désamorcer la bombe sociale (p.89). Les plus riches doivent faire des sacrifices et notamment réduire leur surconsommation (p.97). Il fustige les citadins et les exhortent à "reconstruire leur conception de la richesse" en retrouvant la richesse du partage équitable et celle du "bien être" et non du "bien avoir" (p.99).
L'auteur, et ce ne sera pas pour vous déplaire Mesdames les Distinctive Women, est féministe, il croit aux femmes tunisiennes et les veut placer en première ligne. Il propose également de rémunérer le travail de mères, cette "bourse de famille" pour les mères nécessiteuses inspirée de l'expérience brésilienne...
Le quatrième et dernier axe met l'accent sur les institutions et le leadership et parmi ces propositions je relève la première et la plus difficile: tuer l'Etatisme et la Bureaucratie. Je souligne la dernière qui me concerne et qui est très loin d'être le cas actuellement: faire un pont d'or aux compétences tunisiennes expatriées et aux professionnels étrangers confirmés.
Pour conclure je vous dirai d'aller lire ce livre car il décoiffe, il ose annoncer la couleur, il est un programme à la fois libéral et social, il est d'avant-garde sur les moyens et en même temps lucide sur le constat...Intellectuellement je me sens proche d'un grand nombre des solutions préconisées, mais je reste sur la réserve quant à la faisabilité de l'ensemble de son programme par trop révolutionnaire et qui pourrait heurter les nouveaux riches et autres potentats.
C'est un livre toutefois qui plaira à bien des femmes de ce pays qui commencent déjà à réfléchir sur de nouvelles valeurs...et qui se trouveront en adéquation avec le raisonnement et les stratégies proposées.
00:39 Publié dans Activités, Business, Démocratie, Education, FEMMES, Jeunesse, Livre, politique, révolution, Une femme, un lieu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
17.09.2011
Slim Ayedi, Journaliste Citoyen tunisien
Slim est le prototype même de l'échec du système universitaire Ben Ali...Un étudiant venu du Sahel faire ses études universitaires à Tunis et qui malgré un niveau maîtrise et une formation de cinq ans à l'IPSI se retrouve à la rue sans boulot ou des petits minables sous-payés ...quand ils sont payés ...malgré de remarquables compétences, aimant la culture, communicateur très à l'aise en langue arabe ou italienne...se débrouillant en français et en anglais, une intelligence vive, une générosité et une sensibilité...mais peut-être trop de droitures dans cette Tunisie que je retrouve en 2006.
La magie du réseau social Facebook rapproche les personnes les plus éloignées...et lorsqu'il y a des valeurs communes, elle créée des synergies performantes.
En 2010 nous travaillons ensemble dans un journal qui ne mérite pas de lui faire la publicité, où nous sommes tous les deux à contre emploi...il est en charge de la rubrique sport, alors qu'il meurt d'envie de faire du journalisme d'investigation...et moi je suis contrainte avec mon doctorat à faire de la réécriture des articles de ce journal économique...Je quitte rapidement cette geôle. il suit le mouvement...deux mois plus tard ...à cause des conditions inhumaines de ce journal irrespectueux de la vie de ses journalistes. Nous restons en contact.
La révolution arrive...des discussions fusent...ma caméra JVC inutilisée
devient un outil précieux...Slim pourrait faire des vidéos...puisqu'il est en permanence au Centre Ville arpentant les rues et particulièrement l'Avenue Habib Bourguiba...Je lui parle du JOURNALISME CITOYEN ...Il lit se renseigne et trouve l'idée assez intéressante pour se lancer...et nous voilà partis.
Le 24 janvier nous médiatisons sur ma chaine YouTube les premiers reportages ramenés du Centre ville. L'aventure commence...160 vidéos plus tard...interrompus par un vol de tout notre matériel informatique et vidéo caméras...la page est devenue un incontournable du Journalisme engagé, indépendant, social et critique...avec une communauté de plus de 3500 personnes qui nous suivent chaque semaine et qui interagissent en permanence!
Toute la réussite de ce média bénévole et humaniste repose sur les choix difficiles et engagés de Slim Ayedi. C'est un reporter autonome, citoyen conscientisé qui porte un regard sans détours sur la société de Notre Tunisie...à Tous. Non seulement son travail était intéressant quand il couvrait les événements du Centre ville, mais il est devenu passionnant quand il a commencé à élargir son cercle d'investigation et il a commencé à visiter les quartiers populaires. C'est lui qui désormais ouvre la voie aux journalistes de terrain qui restent à être formés dans une IPSI réformée. C'est lui donne à voir sans voyeurisme les Sans-voix...des modestes aux miséreux. C'est lui qui réveille les consciences endormies des bourgeois de La Marsa ou de Cité Ennasr dont je faisais partie.
La deuxième chaine YOUTUBE JournalisteCitoyen
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23.04.2011
Troquer la misère pour l’Enfer ou le sort des harragas en Europe
Dr Martine Geronimi, géographe citoyenne
Cet article est un compte rendu personnel du livre de Virginie Lydie, Traversée Interdite! Les harragas face à la forteresse Europe, qui vient de paraître en France, chez l’éditeur Le passager clandestin
En pleine actualité, alors qu’à Lampedusa les harragas de Tunisie, et aussi de Lybie, ne cessent d’amerrir dans une incompréhension généralisée, voire un mépris digne des meilleures périodes racistes, ce livre vient éclairer avec chiffres à l’appui, et enquête minutieuse durant trois années, la problématique des jeunes qui « brûlent » et quittent la Tunisie ou les côtes d’Afrique du Nord.
Alors que la Révolution vient juste de fêter ses trois mois d’existence en Tunisie, alors que les premières élections libres pointent leur nez et que les débats démocratiques traversent le pays et réunissent des foules considérables, le phénomène des Harragas s’amplifie, servi par un manque évident de police et un moindre contrôle aux frontières.
Ce livre que je viens de lire d’une traite est passionnant, à plus d’un titre : il est une mise au point presque chirurgicale sur le sort réservé à ces jeunes clandestins arrivés dans la Forteresse Europe. Misérable et infernal, tel est le destin qui attend « le Brûleur », celui qui brûle ses papiers pour passer les frontières et espérer trouver une vie meilleure dans cette Europe fantasmée. Hélas comme l’écrit si bien, Virginie Lydie, ces jeunes sont ceux qui « brûlent même leur vie ». Ce livre veut aussi répondre aux questions simples que les gens en général ne se posent pas vraiment, notamment en France : qui sont ces jeunes ? Que veulent-ils ? Finalement l’auteure nous fait prendre conscience de l’absurdité et de la cruauté de la mondialisation, qui d’une part ouvre au rêve et d’autre part refuse catégoriquement ces aventuriers du XXIe siècle, « ces héros de la désespérance » !
La bien nommée forteresse Europe mène une politique de confinement des populations d’Afrique du Nord, en refusant les visas qu’elle a systématiquement instaurés au départ de ces pays. En limitant les départs officiels, elle pousse les plus pauvres à tenter l’aventure périlleuse de la fuite par les mers ou les déserts. Dans ce livre on apprend d’emblée le compte funèbre des décès et des disparus aux frontières de l’Europe : 209 décès et 464 disparus, rien qu’en 2009. Entre 1988 et 2010, on ne compte pas moins de 15638 décès, dont 6556 disparus en mer. Malgré ces morts et ces chiffres macabres, le « harrag » n’en reste pas moins déterminé car, comme l’écrit l’auteure, « la Harga n’est pas une simple fuite…elle est avant tout un défi ». Du côté de leurs pays d’origine, « ces jeunes désœuvrés acquièrent même un statut de héros ». Ils prennent à un moment leur avenir en main et partent pour ne pas mourir ! Ce rêve d’ailleurs qui les tiraille de façon lancinante, ils veulent le réussir, sans savoir réellement ce qui les attend. Sans projet réel et avec des informations tronquées, ils ne se doutent pas de l’enfer dans lequel ils ne manqueront pas de tomber peu ou prou.
Virginie Lydie décortique l’appareil répressif dont s’est doté les pays européens pour lutter contre ces clandestins indésirables. Et cela coûte fort cher puisque pas moins de 88 millions d’euros ont été dépensés en 2009 pour l’agence Frontex, installée à Varsovie. Ce système européen de la surveillance de la frontière maritime méridionale, soit 3800 kms de Gibraltar à Beyrouth, inclut tous les pays européens, dont la France qui serait très impliquée avec 9704 agents de police des frontières. Cet énorme tribu est en totale adéquation avec la politique d’immigration initiée en 2006 par la France et confirmée par les orientations de 2009. La France ne ménage pas ses efforts, utilisant les radars à haute fréquence, les drones et même les satellites.
L’Italie est au premier front de l’immigration clandestine. L’ile de Lampedusa avait connu son pic d’immigration illégale en 2008 avec 31 700 arrivées. Depuis 2009, ce flot s’était tari au profit d’autres routes passant par la Grèce et la Turquie. Nous apprenons que les trois quarts des 40 000 personnes arrêtées en Europe en 2010 étaient passées par la Grèce… De nouveau en 2011, les clandestins se ruent sur Lampedusa. L’agence Frontex estime les Illégaux interpellés aux frontières de l’Europe à 175 000 individus. En France, il y aurait moins de 6000 interpellations. Remettons les pendules à l’heure, 175 000 illégaux arrêtés pour une population de 41 millions d’immigrés légaux en Europe.

Mais le plus fort du livre ce sont les témoignages du parcours des clandestins qui, après parfois plusieurs tentatives arrivent à passer les mailles du filet, et sont entrés dans les pays. Alors là, ce que nous décrit l’auteure s’apparente à la descente aux enfers. Pour la plupart des clandestins sans papier arrivés en France, la réalité est simple et sordide : la prison. Le séjour irrégulier en France est passible d’un an de prison et d’une ITF (interdiction de territoire français). Si un clandestin s’oppose à son expulsion, il peut écoper de trois ans de prison, sans n’avoir commis aucun autre délit. Le chiffre effarant que révèle Virginie Lydie est qu’en France 6% des prisonniers sont des étrangers en situation irrégulière. Hormis les prisons, les CRA (centres de rétention administrative) sous contrôle de la police ou de la gendarmerie comptent 2000 places, on y place dans des conditions sordides les étrangers en attente d’expulsion.
Il apparait que le sort des clandestins ballotés de séjours en prisons à sans domicile fixe, de galères en larcins voire en trafics en tous genres pour survivre, les conduisent à un délabrement mental et physique. Pour finir, ils sont expulsés au mieux, si leurs consulats délivrent des laissez-passer. Ceux qui vivent parfois plus de vingt ans dans la clandestinité sont dans des situations désastreuses. Ainsi Virginie Lydie nous dit « le drame des clandestins de longue date, c’est d’être dans l’incapacité de mener une vie « normale » en Europe et de vivre dans leurs pays d’origine dont ils ne connaissent pas
davantage les règles ».
Le problème des harragas qui décident finalement de retourner dans leurs pays après tous ces mois ou années de galères est loin d’être simple, sans passeport et sans argent ! Les situations kafkaïennes donnent froid dans le dos. En conclusion, méditons sur ce constat donné par l’auteure : « les harragas sont le symbole de l’échec cuisant des politiques migratoires… Un mur est tombé, une mer l’ a remplacé. Jusqu’à quand ? »
23:56 Publié dans Activités, Blog Tunisie, Démocratie, Education, FEMMES, Humanitaire, Jeunesse, Livre, politique, révolution, sidi bouzid, Tozeur, Vidéo, Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
21.03.2011
Ce qu'Allah n'a pas dit, mon compte-rendu du livre de M.Bouamoud
Il est un livre tunisien qui est passé inaperçu car sorti en fin d’année 2010 ! Notre révolution du 14 janvier a enseveli, pour un temps, cet ouvrage dans l’oubli des librairies. Mais il ne fait pas de doute que ce roman puisse ressortir dans un proche avenir ! Mohamed Bouamoud est un auteur doué et prolixe qui publie ici son quatrième roman : « Ce qu’Allah n’a pas dit ». (sud Editions-Tunis)
C’est un roman choc, une sorte de mise en garde, un roman qui ne peut laisser aucune femme indifférente. Une histoire qui nous terrifie par son inexorable route vers la destruction et la folie. Une histoire simple et dérangeante, celle d’une famille tunisienne de la Médina de Tunis sous la coupe d’un Pater Familias, aussi intransigeant qu’obscurantiste. Cet homme, Hadj Sadek Delgi, est un commerçant pieux et zélé qui, après avoir fait trois fois le pèlerinage à La Mecque, se retrouve sous le charme d’un prédicateur, le Cheikh son modèle, qui le plonge dans une sorte de paranoïa destructrice. El Hadj se sent assuré d’une mission, celle de protéger sa famille des démons de la Modernité et en particulier du contact avec les touristes.
Dans ce huis-clos familial, quatre protagonistes subissent la hargne, les ordres et le sadisme de cet homme si imbu de sa mission. Sa femme Hasna est un simple objet qu’on jette après s’en être servi : elle avait finalement enfanté, après deux premières filles, le fils désiré, le successeur. Une fois ce travail accompli, elle a été rétrogradée au rang d’une simple bonne qu’on cloître et qu’on humilie. Les deux filles subissent également les ordres de ce père suspicieux et bigot, elles sont voilées de la tête au pied comme leur mère. Alia la fille ainée est une jeune femme hyper-sensible, sujette à des crises d’épilepsies provoquées par les scènes du père qui lui ordonne de ne plus aller à l’école et la refuse à tout prétendant qui pourrait la demander en mariage, sous de faux prétextes de piété dictée par le Modèle. Sonia la cadette est une jeune fille brillante qui cherche à vivre sa vie et qui, dans un premier temps se joue de son père avec une hypocrisie maîtrisée, puis sombre dans des excès qui lui feront s’opposer à son géniteur, qui ne peut l’accepter. Et enfin Karim, l’héritier, est réduit à l’inexistence, sous le joug d’un père violent qui le pousse à la soumission d’une foi extrémiste ; lui aussi, guidé par le prédicateur de son père, sera le jouet de ce dernier…il devient un fou de Dieu…et verse le sang en faisant le « Jihad » en plein Tunis…à seulement 17 ans.
Toute la famille court à sa perte et sous la plume de Bouamoud on se sent transporté par les mots comme par les situations. La violence de ce drame familial nous secoue et nous renverse face à la destruction et à l’horreur, celle d’un père qui tue sa fille car il se sent humilié, celle d’un père qui offre son fils en pâture au Modèle, pour se sentir grandi, celle d’une femme souillée et qui tue par instinct maternel et pour sauver sa dernière fille…mais jusqu’à la fin le sort est inexorable et la mort qu’on se donne est au bout du chemin.
« Ce qu’Allah n’a pas dit », vous le saurez à la toute fin et vous sortirez de cette lecture, sonnée et étrangement mal à l’aise, car Bouamoud dans ces dernières lignes signe avec maestria la critique la plus éclairée de l’obscurantisme religieux. A méditer !
19:40 Publié dans Activités, artiste, Blog Tunisie, Education, FEMMES, Livre, Loisirs, politique, révolution | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tunisie, roman, écrivain, tunisien, famille, critique, pamphlet, violence, meurtre
10.02.2011
Education du Citoyen en Tunisie
Parlons peu et parlons vrai, je suis la fondatrice de Distinctive Women et la créatrice de ce blog depuis trois ans...toute mon activité jusqu'à ce jour est entièrement bénévole. La révolution Tunisienne est passée par là comme vous le savez...et maintenant tout reste à faire...jusque là tout le monde est dans l'espoir des élections et des changements à venir...en attendant, nous sommes livrés à nous-mêmes face à des comportements de toutes parts qui prouvent que le mot Démocratie, le mot citoyen sont loin de vouloir dire la même chose pour tous les Tunisiens... Il y a un gros travail d'éducation...
Comme je m'interroge sur ma place dans cette nouvelle Tunisie... en cette période au ralenti économique certain, je viens de saisir...qu'il y a une éducation du citoyen, jeune et moins jeune, à réaliser dans les plus brefs délais...or je me suis souvenue que j'ai été prof d'instruction civique en France...au collège, il ya vingt ans et que ma fonction au Canada de prof associé en géeo historique et culturelle me faisait aborder tous les concepts de la Démocratie. Alors y a t 'il des formations conçues pour aider les citoyens tunisiens à choisir leur candidat et surtout à comprendre les enjeux et ressorts de la démocratie?
Évidemment, je ne pense pas et même au contraire...vues les méthodes anti-démocratiques et totalitaires du Régime Ben Ali! Y a t' il des manuels? je ne le pense encore moins!
Je sais que certaines personnes y pensent! J'ai ouï dire que certaines femmes dans de petits groupes restreints s'attelaient à cette tâche... Ce n'est pas simple, cela demande du temps, des connaissances et des compétences pédagogiques...Il ne s'agit pas de faire du copier-coller mais d'adapter aux Tunisiens des notions complexes et abstraites à un public large...avec un vocabulaire accessible à tout un chacun.
Lorsque j'ai lu sur Leaders, Réflexions préliminaires et sommaires sur les échéances politiques et électorales qui nous attendent de Habib TOUHAMI, je peux m'imaginer le FLOU conceptuel dans lequel doivent baigner une majorité de Tunisiennes et Tunisiens...Je ne parle pas des personnes de la Ligue tunisienne des Droits del'homme, qui elles connaissent les règles de la Démocratie...ni même de certains membres de l'élite comme M Touhami, mais de tout un chacun...
Alors je propose au ministre tunisien de l'éducation, de créer d'URGENCE des formations démocratiques à la citoyenneté et de m'embaucher pour écrire des manuels et pourquoi pas donner des formations à des formateurs. Ces derniers iraient, en langue tunisienne, donner des formations auprès des jeunes des quartiers populaires qui ne maitrisent pas le français (education Ben Ali) et encore moins les notions abstraites, mais qui en même temps ont soif de liberté et de Démocratie. Ils nous l'ont prouvés!
Le lexique minimal doit être rapidement fait pour que chaque électeur ne soit pas perdu et les règles de la démocratie doivent être claires dans la tête de chacun...
J'ai des doutes, à l'heure d'aujourd'hui où je constate que la traduction du terme laïque est confondu avec l'adjectif athée...ce qui est faux...si on interroge des personnes dans la rue sur " qu'est ce qu'une constitution?" ...vous aurez bien des surprises...
Il y a un grand travail... que certains pays occidentaux se proposent de venir faire ..."pour que les règles démocratiques soient respectées". Je pense que c'est bien mais qu'il faudrait utiliser les compétences qui sont déjà sur place, je suis sure que je ne suis pas la seule!
On verra si cet appel sera entendu!
10:51 Publié dans Activités, ASSOCIATION, Blog Tunisie, Démocratie, Education, FEMMES, Humanitaire, Jeunesse, Livre, révolution, Séminaires, Une femme, un lieu, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
28.01.2011
Tunisie sans censure: rencontre avec Virginie Lydie
Ces fugitifs, clandestins, les Harragas, ceux qui brûlent "les frontières, leurs papiers, leur passé… parfois même, leur vie", Virginie les connaît bien. En effet; elle vient d'écrire "Traversée interdite, les harragas face à l'Europe forteresse"
Devant la caméra de Slim Ayedi elle nous fait comprendre combien les médias français, focalisés sur la fuite de Ben Ali, ne s'intéressent pas de savoir, qu'en pleine Révolution tunisienne, des jeunes tentent la traversée de la Méditerranée pour enfin atteindre cette Europe qu'ils croient terre de Salut.
Mais on ne l'écoute pas quand elle appelle au secours:
"On ne part pas quand il y a la révolution ! » C’est avec assurance qu’une journaliste a mis terme à mon appel téléphonique après avoir affirmé que les 15 jeunes dont je lui parlais et qui dérivaient, entre la vie et la mort, sur le canal de Sicile « n’étaient pas des Tunisiens, mais des Sub-Sahariens ! » donc rien à voir avec l’info prioritaire du moment. D’où qu’elles viennent, 15 personnes en panne dans la mer, dans une situation critique, ne méritent donc pas l’attention ? Et puisque la Tunisie était d’actualité ce vendredi 15 janvier 2011, quelques heures après la fuite de Ben Ali, n’en déplaise à la journaliste spécialiste des affaires internationales, il s‘agissait bien de 15 tunisiens." lire la suite Ça brûle au Maghreb ! 15 Tunisiens à la dérive
Ecoutons-la, ne fermons pas nos oreilles, regardons la vérité en face!!
Virginie est aussi l'auteur de Paroles Clandestines en 2008 ou Le suicide des jeunes - Mourir pour exister
Elle est connue comme un écrivain pour la Jeunesse
16:32 Publié dans ASSOCIATION, Blog Tunisie, cinéma, Démocratie, FEMMES, Film voyage, Histoire, Humanitaire, Jeunesse, Livre, Magazine, Photographie, Une femme, un lieu, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tunisie, libération, clandestins, harragas, humanitaire, ben ali, révolution, médias













