01.05.2012
Les Amis de la Tunisie sur Facebook
Entre Paris et Tunis, de belles soirées rencontres entre Amis, des deux côtés de la Méditerranée et en attendant du partage virtuel
Et bien sûr je vous y attends si vous venez en Tunisie
A vous tous les Amies de la Tunisie et les Nostalgiques
et en plus j'ai une super maison d'hôtes à vous proposer pour votre séjour

Désormais un point de chute l'Atelier de Tyna Marsa Ville un atelier de peinture, studio d'archi design....dans un quartier vivant près du parc de la municipalité de La Marsa
Adresse où me trouver:
11:10 Publié dans Activités, Architecture, artiste, ASSOCIATION, Bien être, Blog Tunisie, Circuits tunisiens, FEMMES, patrimoine, pélerinage, Une femme, un lieu, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
13.09.2011
Les Amis de la Tunisie sur Facebook
Les Amis de la Tunisie est une page Facebook que j'ai créée en Janvier 2010 alors que j'étais à Paris en pensant organiser des rencontres entre célibataires de Paris vers Tunis... Au fil du temps cette page s'est transformée en une page nostalgique sur la Tunisie, pour toutes celles et ceux qui se sentent proche de la Tunisie mais qui n'y vivent pas mais qui l'ont dans leur coeur, gravée à tout jamais
Je ne sais par quelle malencontreuse mise en ligne...nous n'avons pas eu le référencement Google qu'il se doit et FB lorsque l'on tape le nom Les Amis de la Tunisie....notre page n'apparaît pas....une page coquille vide inconnue et homonyme est elle référencée....
Malgré ce manque de visibilité extérieure, nous sommes tout de même 1439 amis sur cette page très active.
Leur attente n'est pas déçu je leur adresse régulièrement des nouvelles de la Tunisie...d'autant que j'ai désormais Echos de Tunis, le Journal.
Mais ils y viennent savourer toutes les photos et montages photos ou vidéos concernant la Tunisie.
Bien sûr depuis la Révolution de Janvier ils en sont encore plus friands...la plupart ayant reporté leurs séjours ici par crainte...Mais après les élections ils seront nombreux à venir nous visiter
Certains et certaines sont venus me rejoindre sur mes différentes pages et nous avons même des rencontres Skype et parfois même, il m'est arrivé de rencontrer avant l'été quelques personnes de passage à La Marsa Merci à Toutes et Tous...spécialement Michel de Californie ou jean Claude ou Rita ou Marie-Thérèse ou Jeannie de Belgique...enfin ...un grand merci à l'ensemble des nostalgiques de la Tunisie...
Savourez!
14:20 Publié dans Activités, Architecture, Blog Tunisie, Circuits tunisiens, FEMMES, Film voyage, gastronomie, Histoire, Loisirs, Nature, Networking VOYAGES AU FEMININ, patrimoine, pélerinage, Photographie, révolution, Une femme, un lieu, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
04.10.2010
La Medina de Tunis, un patrimoine réapproprié
"Le vent souffle à travers les murs tremblants de notre vieille Médina de Tunis et balaye sur son passage, les poussières par lesquels le présent espérait masquer le passé.
Le vent souffle et raconte toute l’histoire de ces lieux magiques. L’histoire, seule maîtresse du lieu, n’a jamais quitté son temple. Le vent souffle et fait respirer le temps, un facteur qui marque par des traces indélébiles l’espace. L’espace, finalement, scène éternelle des caprices du temps."
Auteur : Leïla CHAMMEN dans La Presse d'aujourd'hui 4 octobre 2010
Le très beau texte de Leila Chammem vient ce jour attirer mon attention car il s'adresse aux jeunes tunisiens, en cette année internationale de la jeunesse, et met à l'honneur ce patrimoine, si longtemps négligé par les Tunisiens et qui désormais reprend vie grâce à l'intervention pionnière et passionnée de quelques citoyens regroupés au sein de l'Association de sauvegarde de la Medina de Tunis, dès 1967. Ainsi la Medina, coeur historique de la ville a été inscrite depuis 1979 au patrimoine mondial de l'Unesco.
En cliquant sur la photo de cette belle porte photographiée en 2008, vous découvrirez le travail de l'association et sa stratégie durable:
"La sauvegarde de ce noyau historique imprégné de culture, chargé d’histoire, mémoire collective de toute une population, et son intégration dans un monde dit « moderne », mécanisé et en pleine mutation technologique, n’est pas une tâche aisée.
Comment éviter la momification ou la marginalisation de patrimoine ?"
La question est bien posée car les deux risques majeurs pour les vieilles villes historiques sont effectivement là: soit une ville restaurée et ne comptenant plus de vie, car ils ne reste plus d'habitant et seulement des musées et des lieux de tourisme...alors telle une momie, la ville se meurt...se décompose; soit la ville est laissée à l'abandon, elle devient décadente et seules les populations marginalisées y vivent, en ayant pour conséquence un délabrement humain et patrimonial.
Aussi l'Association a pris une stratégie appelée en Amérique "sustainable development", une stratégie durable qu'ils expriment ainsi:
"Sachant que d’une part, le développement d’un tourisme sauvage non planifié pourrait avoir des conséquences néfastes sur le site et que, d’autre part, les villes historiques abritent souvent des populations à revenus faibles, incapables de supporter les coûts d’entretien et de conservation. Le plaidoyer développé est donc la mise en oeuvre d’une stratégie de sauvegarde durable alliant deux approches de visées différentes, la culture et le social, et les projets réalisés depuis ont traduit cette volonté de vouloir mener parallèlement la sauvegarde de ce patrimoine en tant que patrimoine monumental et de valeur culturelle, et la sauvegarde de ce patrimoine en tant que patrimoine immobilier et social (15.000 logements) remplissant un rôle important aux niveaux social et économique."
Mais la Medina c'est aussi du patrimoine privé rénové et valorisé comme le magnifique Dar El Behi, en fermant les yeux on se trouve transportées, Mesdames au temps du Bey de Tunis. On est sous le charme des ors et des stucs, des parfums et de l'esprit du lieu. Je me souviens de soirées ramadanesques frisant les mille et une nuits dans ce lieu de charme.
Ce qu'il est tout à fait remarquable c'est la réappropriation de cette Medina par les Tunisiens et de signaler comme le fit le nouveau magazine en ligne 100% Tunisien,TUNIVISIONS, Manifestation saveurs et médina, 1ère édition: Le premier parcours culturel de fin de Ramadan
On doit le mot de la fin à Leila Chammam à lasquelle il faut reconnaitre on doit de mettre en exergue un décret de 1920 qui a permis de sauver la Medina des assauts des démolisseurs modernistes en gelant par ce décret le champ d'action de ces derniers.
Alors Mesdames si vous ne vous êtes jamais promenées dans la Medina de Tunis, je vous y invite car désormais, elle s'est faite belle pour vous!
"on se rend finalement compte de l’œuvre entreprise depuis longtemps pour maintenir ce temple intact. Le choix de figer ce paysage, défiant l’histoire et les rides du temps, explique la note sacrée qui enveloppe ces lieux, et le respect qui s’impose devant ces monuments, fatigués, peut-être, mais toujours debout et fiers d'exposer le pouvoir que peut avoir l’homme sur le temps. Ne seraient-ils pas le trophée et l'expression de cette victoire?" Leila Chammem
22:44 Publié dans Activités, Architecture, artistes, ASSOCIATION, Blog Tunisie, Business, Circuits tunisiens, FEMMES, Histoire, Loisirs, Networking VOYAGES AU FEMININ, pélerinage, Photographie, Séminaires, Une femme, un lieu, Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : tunis, ville, medina, histoire, patrimoine, voyage, rencontre, ramadan, femme, restauration, défense, intérêt, préservation
03.07.2008
Le centenaire d’une grande Dame : l’école de Mégrine Riadh
J’ai eu la grande joie de me trouver dans la commune de Mégrine Riadh ce dimanche 29 juin 2008. Cette commune baptisée autrefois, « du temps des Français », Mégrine Lescure est celle qui m’accompagne depuis toujours sur mon acte de naissance. C’est là où la famille Geronimi avait une maison dans la petite rue de l’Aube. Cette maison, je l’avais retrouvée, il y a maintenant 2 ans, très exactement fin mai 2006, lors de mon voyage « à la recherche du temps perdu », moi l’Ulysse en jupons. Ce retour je l’ai dû à Ibrahim Ouerzazi, le propriétaire de l’Agence Travel Academy de Mégrine Riadh et c’est cet ami qui a eu la belle idée de me convier à cette fête, dimanche après-midi. Que les enfants de l’école étaient fiers de parader, pancarte en tête accompagnés de la Fanfare locale ! Que j’étais heureuse de me mêler à eux et de les photographier caracolant sous le soleil encore chaud de 17 heures… Ce qui m’a le plus émue c’est d’avoir vu la fanfare et le cortège passés devant ma maison de naissance et d’avoir pu les saluer du pas de la porte.
Une fois le quartier parcouru aux sons tonitruant de ces fanfares de quartier qui me rappelaient tant les Brass-Bands de la Nouvelle-Orléans et les marches des écoles locales, nous avons retrouvé sous le préau de l’école, les responsables locaux et surtout le personnel enseignant de l’école, passé et présent. Les anciens étaient là, plusieurs à la recherche d’un copain perdu de vue depuis au moins 40 ans. La joie et l’émotion éclairaient les visages de
certains, lorsqu’ils retrouvaient un de leur compagnon ou une ancienne institutrice. La prof de français, Mme Tanfous, sévère mais juste, à la diction impeccable a laissé un souvenir impérissable dans la tête de ses élèves, et à juste titre. Cette femme avait formé dans les années 60 toute une génération de jeunes baby boomers qui maintenant lui sont gré de son enseignement.
Les plus anciens se souvenaient encore de leurs institutrices et instituteurs français et les appelaient par leur nom et m’en parlaient avec un bonheur qui faisait chaud au cœur. Ils n’avaient rien oublié de cette époque et en gardaient une nostalgie sereine. L’exil est plus difficile à vivre à mon avis, il faut se reconstruire dans un pays qui ne nous reconnaît pas immédiatement, alors que la nostalgie de copains qui nous ont quittés pour l’étranger teinte le souvenir de l’aura du monde merveilleux de l’enfance.
Ce dimanche j’étais la seule mégrinoise-française présente à cette commémoration. Pourtant le groupe des anciens Mégrinois de France avaient été invité par le directeur de l’École. Malheureusement, l’organisation du déplacement du groupe aurait nécessité un plus grand laps de temps et des réunions spécifiques en France qui n’ont pas eu lieu. Si bien que mes parents m’ont appris l’information de l’invitation tunisienne à la mi-mai seulement, découverte lors d’une réunion des Anciens. Ces derniers avaient décidé de décliner l’invitation par courrier. Alors ma présence inattendue n’était pas inutile et j’en fus d’autant plus touchée que l’on me mit à l’honneur en m’invitant à prendre la parole devant tous les invités et les enfants de l’école, ce que je fis avec plaisir.
Cette fête avait visiblement été préparée de longue date avec distribution de prospectus en Français et en arabe. Je remarquais la qualité quadrichromique sur papier glacé du prospectus en arabe, qui en faisait un souvenir précieux. Les informations en langue française étaient pour moi irremplaçables, ne sachant pas lire l’arabe. L’éditorial de Bechir Hlel félicitant l’école, personnifiée en une mère qui ouvre les bras à ses enfants, montre l’importance de l’éducation primaire dans la formation du futur adulte
et la vision familiale de la communauté qui se soude autour de son école. Et il est vrai qu’on sentait une convivialité inconnue désormais dans les villes du monde et même dans les quartiers modernes de Tunis, où les voisins ne s’adressent à la rigueur qu’un hochement de tête, en baissant les yeux, comme le ferait n’importe quel citoyen du Monde. A Mégrine Riadh, les habitants soudés autour leur école affichaient, simplicité, jovialité et bonheur de vivre ensemble.
Cette école avec son préau en tuiles rouges, typiques des constructions de la France méditerranéenne a été fondée en 1908 sur un terrain cédé par le Comte Foy. À l’époque Mégrine était un village rural et l’école était entourée de nature. J’ai appris que l’école, à peine ouverte depuis trois ans, avait essuyé une épidémie de choléra en 1911. Il est précisé dans le prospectus qu’elle avait failli être totalement détruite en 1925, suite à une explosion d’un camion chargé de cheddite. Pendant la deuxième guerre mondiale alors que, précisément mon père y suivait ses cours, l’école avait été fermée suite aux vicissitudes de la guerre : la Marine Française réquisitionnait l’école en décembre 41, mon père avait alors 10 ans. C’était au tour des Allemands en 42 de la réquisitionner et elle ne fut récupérée qu’après la libération de Tunis par les Américains en mai 1943.
Alors que j’écris ces mots, des souvenirs d’enfance se déroulent dans ma tête…car ma mère m’avait raconté le raid américain sur leurs maisons et que les bombes avaient tué des innocents. Or, dans le prospectus remis par le directeur de l’École, j’apprends la date de cet évènement le 19 janvier 43, ma mère avait presque 12 ans mais n’allait pas à l’école, elle était placée comme petite bonne chez une famille italienne de Mégrine… quant à mon père, il avait probablement déjà quitté l’école, ayant rejoint le lycée à Tunis. Mais lui me parlait des Américains qui lui avaient appris à jouer au baseball. Souvenirs, souvenirs…quand tu nous tiens !
13:20 Publié dans Blog Tunisie, Histoire, patrimoine, pélerinage, Une femme, un lieu, Voyage | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Mégrine, Megrinoise, Mégrinois, Ecole, Tunisie, Tunis, commémoration
17.02.2008
Mes aïeules de Tunisie
Ne vous ai-je jamais parlé des femmes de ma famille, celles de la Tunisie? Je ne crois pas car je n'en parle jamais. Et pourtant, un livre a fait ressurgir ces mémoires oubliées. Ce livre esr un ouvrage universitaire, fruit du travail du laboratoire du patrimoine de l'Université de la Manouba: Les Communautés Méditerranéennes de Tunisie. Ce livre a pour moi tout d'abord une belle histoire car c'est un cadeau merveilleux que m'a fait Habib Kazdaghli, responsable de l'unité Histoire et Mémoire du laboratoire de recherches, régions et ressources patrimoniales de Tunisie.
En novembre dernier, j'ai rencontré ce professeur, par l'intermédiaire de ma grande et merveilleuse amie libanaise Liliane Barakat, une géographe et femme de coeur avec laquelle je tisse une toile d'amitiés depuis des années. Et cette rencontre est loin d'être anodine car nous partageons des centres d'intérêts évidents. Nous avons parlé à bâtons rompus dans le hall de mon hôtel sur la rue de Palestine à Tunis et nous avons compris que nous étions sur la même longueur d'ondes...quelques jours plus tard je rapportai en France un livre qu'il m'avait dédicacé: A Martine, citoyenne de la Méditerranée, berceau des civilisations.
Ce livre est, depuis quelques jours, mon livre de chevet et j'y plonge avec délices à la recherche d'un détail éclairant ma propre vie qui est restée si longtemps sans racines précises. Je sais d'instinct que je suis de ce pays, même si je ne suis pas musulmane, même si je baragouine à peine quelques expressions tunisiennes, même si j'ai vécu 95% de ma vie, déjà bien entamée, hors de ce pays. Je le sais parce que des liens invisibles sont là pour me rappeler des couleurs et des sons, des parfums et des ambiances, tout un monde enfoui dans ma mémoire d'enfant.
Il est un chapitre de ce livre qui est fort éclairant, celui d'Adrien Salmieri, intitulé : La Communauté italienne de Tunisie (milieu du XIXe-milieu du XXe). Dans l'introduction, une note nous éclaire sur l'origine de cette publication, à savoir, une note de recherches de 1996, "notes sur la colonie sicilienne de Tunisie", publiée à Paris dans Ailleurs, d'Ailleurs. Comme le web est une source de renseignements, j'ai évidemment glané quelques renseignements sur l'auteur qui est de la génération de mes parents "Né à Tunis en 1929, Adrien Salmieri offre un regard sur la Tunisie qui reflète l'imaginaire de la colonie italienne dont il est issu. Le pays de son enfance correspond donc à la Tunisie italianisée qui fut le décor de l'épopée des Italiens, qu'il fait revivre en littérature à l'aide de son propre témoignage."
Il y a quelques années une douzaine, au Québec, j'avais fait venir par le prêt inter-universitaire un livre ancien publié à Paris de 1905, celui de G. Loth, Le peuplement italien en Tunisie et en Algérie. C'était le début de mon interrogation sur mon identité, cela faisait suite à la découverte sur "la race ardente" que cherchaient à créer les Français dans leurs colonies nord-africaines. Je me souviens très bien avoir lu cette expression dans les discours de la fin du XIXe en France, textes repris dans les revues de sociographie que je feuilletais dans la bibliothèque de l'Université Laval en 1995. Et quel choc ce fut pour moi de m'imaginer l'héritière de ces colons envoyés peupler une terre "protégée" par la France.
Les deux femmes dont je veux vous entretenir sont la mère de mon père Anna Palazzolo et la grand-mère de ma mère. La première, je l'ai bien connue, la deuxième pas du tout. La première était née en Tunisie, d'un père immigrant sicilien, venu avec ses frères de la Sicile voisine. La deuxième était maltaise. Ma grand-mère s'était mariée à un militaire français d'origine Corse qui venait de s'installer en Tunisie en 1930, envoyé par sa famille dans ce paradis que représentait la Tunisie pour les trop bouillonnants fils de famille.
Ces deux femmes ont connu la Tunisie durant plus de 70 ans. Mon arrière grand-mère maternelle avait connu la Tunisie de 1905, celle décrite par G. Loth, dans laquelle les Maltais étaient une minorité "tricotée serrée" où 92% des femmes épousaient un autre maltais, d'après les statistiques données en référence par Carmel Sammut, dans le livre sur les communautés méditerranéennes. Or, mon arrière grand-mère était une madame Trifilo, nom probablement d'origine sicilienne de Trapani, donc elle était une originale, si tel était le cas. La seule photo que je connais d'elle n'est guère réjouissante, une femme au visage triste et fermé aux côtés d'un homme en uniforme à la mine peu engageante et au regard froid. Un homme méchant m'a toujours dit ma mère!
Ma Grand-Mère, elle avait connu un mariage décevant avec un homme pas facile, coureur de jupons, brigadier à Mégrine, ville où je suis née et où j'ai été baptisée. Elle a fini sa vie à Marseille, ne parlant plus de la Tunisie où il semble qu'elle ait été malheureuse. C'était une grand-mère simple et bonne qui aimait rire, boire un coup et qui s'était mise à fumer en arrivant en France, à plus de 40 ans, sans plus rien pour vivre, sauf son énergie, sa générosité et son courage. Pauvre divorcée sans travail elle réussit à s'en sortir grâce à un boulot de femme de service dans une clinique marseillaise. Sa Tunisie, c'est celle des années 20 à 60. Elle n'est jamais retourné en Tunisie même avant sa mort, elle n'a pas fait ce voyage de nostalgie que tant d'anciens se sont mis à faire depuis quelques années. Je crois qu'elle aurait aimé la Tunisie de 2008.
Quand je suis en Tunisie je la revois dans un grand nombre des femmes d'un certain âge, et surtout je l'entends... elle avait conservé l'accent de là-bas!
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10.10.2007
Kairouan, la ville sainte, ville de pélerinage
Puis, sur la droite, s'estompe un monument chargé de dômes : c'est la mosquée dite du Barbier, et enfin apparaît la ville, une masse indistincte, indécise, derrière le rideau de pluie ; et le minaret semble moins grand que tout à l'heure, comme s'il venait de s'enfoncer dans les murs après s'être élevé jusqu'au firmament pour nous guider vers la cité."
C'est ainsi que le célèbre écrivain Guy de Maupassant décrit, le 14 décembre 1890, la ville de Kairouan qu'il découvre dans une tempête, sous la pluie et dans la boue. Transi de froid puisqu'à cheval et même à pied par moment, il aborde ainsi la ville sainte dans les pires conditions. Mais dès le lendemain matin, après un bain maure, il écrit :Kairouan (القيروان), nous dit Wikipedia, est une ville du centre de la Tunisie dont le nom signifie étymologiquement « campement », C'est et le chef-lieu du gouvernorat du même nom.
Nous pourrions ensuite nous rendre au travers des ruelles jusqu'à la Mosquée :" Nous allons vers la mosquée Djama-Kebir ou de Sidi-Okba, dont le haut minaret domine la ville et le désert qui l'isole du monde. Elle nous apparaît soudain, au détour d'une rue. C'est un immense et pesant bâtiment soutenu par d'énormes contreforts, une masse blanche, lourde, imposante, belle d'une beauté inexplicable et sauvage. En y pénétrant apparaît d'abord une cour magnifique enfermée par un double cloître que supportent deux lignes élégantes de colonnes romaines et romanes."
Comme lui nous pourrionns gravir les cent vingt neuf marches du Minaret pour admirer le paysage : " De là-haut, Kairouan, à nos pieds, semble un damier de terrasses de plâtre, d'où jaillissent de tous côtés les grosses coupoles éblouissantes des mosquées et des koubbas. Tout autour, à perte de vue, un désert jaune, illimité, tandis que, près des murs, apparaissent çà et là les plaques vertes des champs de cactus. Cet horizon est infiniment vide et triste et plus poignant que le Sahara lui-même."
Mais bien entendu, nous n'aurions sans doute pas les mêmes impressions car notre vision est moins romantique. La salle de prières qui état accessible du temps de Maupassant, ne l'est plus et nous ne pourrons que jeter un oeil discret depuis la grande porte médiane. Et pourtant c'est une splendeur, d'une majesté saississante :
" Devant nous apparaît un temple démesuré, qui a l'air d'une forêt sacrée, car cent quatre-vingts colonnes d'onyx, de porphyre et de marbre supportent les voûtes de dix-sept nefs correspondant aux dix-sept portes.
Le regard s'arrête, se perd dans cet emmêlement profond de minces piliers ronds d'une élégance irréprochable, dont toutes les nuances se mêlent et s'harmonisent, et dont les chapiteaux byzantins, de l'école africaine et de l'école orientale, sont d'un travail rare et d'une diversité infinie. Quelques-uns m'ont paru d'une beauté parfaite. Le plus original peut-être représente un palmier tordu par le vent.
A mesure que j'avance en cette demeure divine, toutes les colonnes semblent se déplacer, tourner autour de moi et former des figures variées d'une régularité changeante."
C'est bien sûr dans la Medina que nos pas se porteront aisément. Au coeur de la cité, la vieille ville est entourée de remparts percées de plusieurs portes, les 6 premières construites au 8e siècle ont disparu, désormais nous pouvons en voir trois:
Bab Jelladine (Porte des Martyrs), Bab El Jedid (Nouvelle Porte) et Bab El Khoukha (Porte El Khoukha ) qui ont été reconstruites sous le Souverain Hussainite Hussein Ben Ali (1705-1735 ap.JC).
La Médina de Kairouan est un ensemble urbain de forme trapézoidale, d'une superficie de 52 ha, d'une longueur moyenne de 1000 m et d'une largeur moyenne de 500 m. Elle compte 105 monuments historiques répertoriés par l'ASM -Association de Sauvegarde de la medina dont 22 classés. Depuis sa fondation l'ASMK a restauré les principaux édifices de la medina construits pour la plus part au IXe et Xe siècle : sept mosquées de plusieurs dimensions, trois souks, sept mausolées, une caravansérail, une strusture murale, un grand réservoir d'eau , les remparts et portes de la ville.
vous ne pouvez pas ne pas vous promener dans les souks, notammment le Souk er Reba et le Souk el Attarine du XVIIe siècle et le Souk des cordonniers ou celui des Citernes du 18e siècle. Quelle que soit la valeur des productions artisanales, ce sont les Tapis qui ont fait et font la réputation de Kairouan. "La légende attribue à « Kamla » la fille d’un gouverneur turque de Kairouan l’introduction en 1830 du tissage basé sur le nœud de Ghiode (Ghorza) et sa conception Anatolienne d‘origine turque. Le «Kairouan» qui a hérité son nom de la ville où il vit le jour est l’ascendant de diverses variétés de tapis tunisiens actuels."
En traversant les souks,, nous pourrons admirer la Mosquée des trois portes, fondée au 9ème siècle, l'un des plus vieux monuments de Kairouan. C'est en 671 qu'Oqba ibn Nafi fonda la ville à peu près au centre de la Tunisie. Son passé est riche en événements historiques dont le plus célébre est le départ de Tarak Ibn Ziad et son armée pour la conquête de l'Espagne et d'Assad Ibn El Fourat pour la conquête de la Sicile qui resta sous domination de Kairouan de 827 à 1090 Ap JC).
C'est à Kairouan en 1914 que le peintre Paul Klee aurait eu cette lumineuse révélation :
« La couleur me possède. Point n'est besoin de chercher à la saisir. Elle me
possède, je le sais. Voilà le sens du moment heureux : la couleur et moi sommes un. Je suis peintre. »
La ville a aussi inspiré August Macke dans les mêmes années.
C'est donc un lieu incontournable qu'il nous faut absolument visiter et nous ne pourrons en partir sans avoir rencontré les femmes de Kairouan, comme Anissa LABIDI - Présidente de l'a.t.m. Kairouan ou Olfa CHARFEDDINE-Présidente de l'Union Régionale des femmes de Kairouan (2006) ou bien la poétesse Jamila MEJRI, également Prof de littérature arabe. C'est avec elles que nous apprendrons à comprendre l'âme de Kairouan.
20:55 Publié dans Activités, Architecture, artistes, Circuits tunisiens, FEMMES, patrimoine, pélerinage, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Kairouan, ville sainte, islam, mosquée, Klee, Macke, Maupassant
08.05.2007
OFFRE DE PARTAGE : LES SECRETS DES TUNISIENNES, VOYAGE AU CŒUR DE LA FÉMINITÉ
Pour faire suite à notre article sur l’Art du bain à l’oriental et en préambule d’un article sur la gastronomie tunisoise, je vous propose un voyage concocté spécialement pour vous :
Les Temps Forts de ce voyage s’articuleront autour :
• De l’immersion dans l’univers féminin tunisois
• Du rituel du hammam, la « oula », le cérémonial du henné , l’épilation à la cire traditionnelle…
• De la préparation de mets traditionnels
Description
Jour 1 : Tunis![]()
Arrivée à Tunis, accueil et transfert à l’hôtel
Accueil dans un hôtel de charme « Dar Saïd ».
Premier contact avec les odeurs, les bruits et les couleurs des souks.
Jour 2 : Carthage–Sidi Bou Saïd
Petit déjeuner et départ de l’hôtel vers Carthage, pays d’Hannibal et de Didon, joyau du patrimoine mondial, capitale .
Visite des ports puniques, du Sanctuaire des Sacrifices, des Thermes d’Antonin le Pieux, de l’Amphithéâtre, de la colline de Byrsa: noyau de la ville où se dresse depuis un siècle la Cathédrale Saint Louis, le roi de France mort de la peste à Carthage.
Déjeuner au restaurant « Au Bon vieux temps » à Sidi Bou Saïd ou « le Grand Bleu » à Gammarth.
Découverte du village de Sidi Bou Said avec ses jolies maisons blanches et bleues à l’architecture andalouse, qui s’étend tout au bord d’une falaise abrupte aux parois écarlates. Il fut appelé jadis «la montagne de feu» à cause du grand feu au sommet qui servait de phare aux bateaux. Visite du port de plaisance.
Visite de Musée des Musiques arabes et meditérranéennes Ancien palais du Baron Rodolphe D'Erlanger.
Dégustation d’un verre de thé à la tunisienne au café Sidi Chabaâne,
Dîner et logement à l’hôtel Dar Said à sidi bou said.
Jour 3 : La Medina
Petit déjeuner et départ pour la Medina.
Visite du marché central où se rendent surtout les ménagères des quartiers populaires de tunis. Accompagnées de
notre guide, nous choisirons et achetons les légumes nécessaires à la préparation du déjeuner … Nous passons au restaurant « Dar Hamouda Pacha », et sous les instructions du Chef, nous cuisinons puis mangeons de délicieux plats tunisiens fait à l’ancienne.
L’après-midi, visite de Tourbet El Bey, mausolée abritant les tombes des beys de Tunis ( 18ème et 19ème siècle ) et dumusée de Dar Ben Abdallah, demeure bourgeoise édifiée en 1796. Il abrite dans un décor reconstitué, une variété d’objet domestiques, de costumes, de bijoux et de mobilier anciens.
Visite du dédale des souks couverts de la médina où prospèrent les activités artisanales : cuivre, chéchia, parfums, etc…avec aperçu historique concernant la grande mosquée ( mosquée de l’olivier ), datant du 9ème siècle.
Visite des différents souks : Attarine, Belaghgia , El Berka , Leffa, Trok, Souk el Blat, marché des plantes médicinales.
Nous apprenons les secrets de chaque racine, graine, et feuilles, les mixtures magiques.
Visite de la cité moderne, de la capitale, cité truffée de larges avenues qui s’étendent en direction du port extérieur de la Goulette.
![]()
Après la visite, Dîner à la carte au restaurant le Paradiso au Belvédère, accueillies par la propriétaire une Distinctive Woman de nos amies
Logement à l’hôtel « Diar EL Medina »
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Jour 4 : La vie avec les femmes de Dar « Halima » à Nabeul « l’exclusivité de KARAVEL TRAVEL », notre partenaire
Les femmes s’affairent à préparer la semoule nécessaire à la réalisation du couscous. Sacs de semoule, immenses jattes tamis, gigantesque couscoussier au dessous des fours à pains traditionnel.
Séchage de la semoule travaillée par les mains habiles étalées sur d’innombrables draps blancs sur les terrasses.
Déjeuner tardif : au menu coucous à l’agneau.
Pendant la saison, nous assistons aussi à la fameuse tradition du Cap Bon la distillation de l'eau de rose.
[[ La saison de cueillette des fleurs de bigaradier (zhar) introduit, chaque année, une dynamique nouvelle dans toute la région du Cap Bon où ses habitants reconnaissent à l'eau de fleurs d'oranger une grande valeur médicale pour le coeur, l'asthme, les maux de tête, l'insolation et les maux d'estomac. Ils arrosent d'un verre d'eau de fleurs d'oranger les graines de leur couscous ou en parfument avec pâtisseries et boissons.
Rares sont les familles du Cap Bon qui ne distillent par une quantité de fleurs d'orangers, chaque année et rares sont les familles tunisiennes qu'ils ne s'en approvisionnement pas pour les besoins thérapeutiques et culinaire.]]
Dans l’après midi, nous apprenons les secrets du maquillage traditionnel : henné, merdouma, épilation (préparation traditionnelle à base de jus de citron et de sucre cuit dans un vase de terre cuite)
Fin de l’après midi : Bain relaxant au hammam (spa à l’ancienne) accompagnés des femmes de Dar Halima.
Dîner au restaurant « Slovenia » de Rafik Tlatli à Nabeul
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Logement à l’hôtel « Dar Hayet » à Hammamet.
Jour 5 : Visite de Hammamet![]()
Aujourd'hui station balnéaire de renommée internationale accueillant dans ses somptueux hôtels plusieurs milliers de visiteurs venus de tous les coins du monde, Hammamet ne fut pas plus, il y a tout juste un quart de siècle, qu'une calme petite ville aux rues tortueuses aux robustes remparts du XV e siècle que renforce une citadelle (la kasbah), les belles plages de sable fin étendues sur plusieurs kilomètres autour du golfe, le climat doux et les jardins planté d'orangers, mandariniers, citronniers font la renommée de Hammamet et de tout le Cap Bon.
Possibilité de baignade en période estivale.
Matinée ou après midi libre.
Dîner et logement à Hammamet.
Jour 6 : Visite de Zaghouan et de Hammam Zriba
A Zaghouan, visite du mausolée de Sidi Ali Azzouz, des fontaines ornées de céramiques et du temple des eaux au pied de la montagne qui fut longtemps le " château d'eau " de Tunis après avoir été celui de Carthage. De gigantesques arches à demi ruinées sont les témoins de cette époque révolue. Continuation vers Hammam Zriba, village abritant des sources d’eau thermale où fût construit un Hammam connu par tout le monde de la région par ses eaux bienfaisantes. Possibilité de baignade dans le Hammam.
Matinée ou après midi libre
Dîner et logement à Hammamet.
Jour 7 : Départ
Après le petit déjeuner, transfert et assistance aux formalités du départ
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21:49 Publié dans Activités, Architecture, Bien être, Circuits tunisiens, FEMMES, patrimoine, pélerinage, Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Tunis, medina, SidiBouSaid, Hammamet Nabeul, Zaghauoan, femmes, couscous
02.02.2007
Pèlerinages et tourisme religieux en Tunisie
Lorsque j’étais en Tunisie, j’ai pris conscience de la force des lieux saints pour la piété populaire et pour leurs valeurs identitaires.
Ainsi les circuits de tourisme religieux existent en Tunisie, notamment pour les Juifs qui font le pèlerinage à Djerba. En effet le Haut Lieu du culte judaïque se trouve dans cette île de Djerba. Après la destruction du temple de Jérusalem en 586 avt JC, une diaspora se fixe sur l’île-jardin et cette communauté juive y bâti une synagogue, appelée la Ghriba. Il semblerait que cette installation se soit faite à l’époque de la création de Carthage. Toutefois de nombreuses vagues de peuplement se multiplient au travers des déportations et différents exodes. Le plus important a lieu en 1492 avec l’arrivée des communautés juives espagnoles et les arrivées se poursuivent au XVII et XVIIIe siècles en provenance d’Italie, d’Espagne et du Portugal.
La Ghriba (la Merveilleuse) est la plus vieille synagogue du monde même si l’édifice actuel est une reconstruction faite sur une pierre du temple de Jérusalem apportée avec piété par les membres de la communauté en fuite. Des 110 000 juifs que comptaient la Tunisie en 1948, il en reste 3500 environ dont le plus grand nombre vit à Djerba principalement dans deux villages, Hara Kbira et Hara Seghira. Le reste de la communauté s’est installée en Israël et surtout en France. Il est à noter que les Juifs Djerbiens ont conservé la liturgie originelle sans grande modification.
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09:15 Publié dans Blog Tunisie, Circuits tunisiens, Livre, pélerinage, Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Djerba, Juifs, histoire, nostalgie, pélerinage, la ghriba
















possède, je le sais. Voilà le sens du moment heureux : la couleur et moi sommes un. Je suis peintre. »