03.12.2010

Le prix Aga Khan attribué à la "Revitalisation de l’hypercentre de Tunis"

Je suis très fière de vous annoncer, Mesdames les Ditinctive Women, l'attribution de ce prix au projet tunisien. Il récompense le travail d'une équipe motivée soutenue par un sens du patrimoine, de l'histoire et de la mémoire collective.

livre-tunisg.jpgCette équipe est composée d'architectes responsables que nous tenons à remercier;  tout d'abord la directrice générale, Sémia Akrout-Yaïche, puis le directeur adjoint pour l’architecture et l’urbanisme, Zoubeïr Mouhli; sans oubler, Faïka Bejaoui, directrice adjointe pour la réhabilitation et les permis de construire et Abdelkerim Gazzah, directeur adjoint pour les travaux de restauration, Tunisie

"Le Prix Aga Khan d’architecture ne se contente pas de récompenser des architectes, il désigne également des municipalités, des entrepreneurs, des maîtres ouvriers et des ingénieurs qui ont joué un rôle important dans la réalisation d’un projet. Par son mandat, le Prix diffère de la majorité des nombreux prix d’architecture. Il sélectionne des projets — pouvant aller d’écoles innovantes en terre et bambou à des bâtiments «verts» à la pointe du progrès — qui présentent une architecture intelligente et permettent d’améliorer la qualité de vie globale. Depuis la création du Prix, il y a 33 ans, 105 projets ont été  récompensés et plus de 7.500 projets de construction ont été documentés." source La Presse de Tunisie

medinances1g.jpgCe projet a été  extrêmement bien présenté dans le magazine d'architecture en ligne ARCHI-MAG,dont je me permets d'extraire quelques photos et explications concrètes

C'est à l'Association de sauvegarde de la Medina (ASM) que l'on doit cet escellent projet

"L’intervention de l’ASM a particulièrement séduit le jury, parce qu’elle intègre dans le patrimoine local cette tranche d’un héritage architectural transmis par les communautés européennes ayant vécu en Tunisie à la fin du dix XIXe siècle. Un patrimoine qui signe l’échange entre le Nord et le Sud en matière de techniques constructives et de savoir-faire architectural." source La Presse

L'ASM est un partenaire privilégié de la Mairie de Tunis. Cette association poursuit, depuis sa création en 1967, le but de préserver et de mettre en valeur le centre historique urbain, la Medina de Tunis,  classée ultérieurement sur sur la Liste du Patrimoine Mondial de l’Unesco en 1979. 

L'ASM est récompensée pour la quatrième fois  par ce prestigieux prix.

Rappelons qu'en 1983, le quartier Hafsia est primé, en  1989, c'est autour de l’Ecole Primaire Sidi El Aloui et en 1995 c'est la reconstruction du quartier Hafsia II qui gagne le prix.

Cette fois-ci les  efforts entrepris en matière de protection et de revalorisation du centre-ville de Tunis sont loués et le jury a consdéré que "La revitalisation du patrimoine architectural de la fin du XIXème et début du XXème siècle dans le quartier de Bab B’Har, dans l’hypercentre de Tunis, représente une contribution et une source d’inspiration importantes  pour la compréhension de l’histoire récente du monde islamique et de l’héritage culturel de l’époque coloniale.

Le projet a concerné une opération pilote touchant l’hyper-centre de Tunis, un périmètre partant de la place de la Victoire, l’avenue de France, la place de l’Indépendance, l’avenue Habib Bourguiba et finissant à la place du 7 novembre 1987

 

UNE BELLE INVITATION A VENIR DECOUVRIR OU REDECOUVRIR TUNIS, POUR VOUS MESDAMES LES DISTINCTIVE WOMEN DE L'AUTRE COTE DE LA MEDITERRANEE

 

Le patrimoine architectural des villes d’Afrique du Nord de la fin du XIXe et du début du XXe siècle incarne l’importance des échanges culturels entre le sud et le nord de la Méditerranée. Ce patrimoine souvent négligé, dans l’élan de revitalisation des centres, jouxte les Médinas comme on peut le voir ici avec l'avenue de France prolongement de l'avenue Habib-Bourguiba face à la porte de France qui ouvre sur la Medina de Tunis

 

Le plan de revitalisation urbaine a restructuré les espaces publics autour de l’avenue Bourguiba et de l’avenue de France pour en faire une zone largement piétonne. Il a également restauré les monuments-clés, tels le Théâtre municipal, le Théâtre Rossini, le Marché central et le Tribunal administratif.

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Bien éclairée, plus conviviale avec ses terrasses de café et sa fontaine moucharabieh, l’artère centrale de la ville de Tunis semble avoir gagné une nouvelle jeunesse dans le respect des codes d’un tracé urbain hérité de cette fin du XIXe siècle.

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Bibliographie ARCHI MAG
Zoubeïr Mouhli et Justin McGuinness, sous la direction de Sémia Akrout-Yaïche et de Viviane Bettaieb, Médinances: Huit Visages de la Médina de Tunis (Tunis, 1998).
Zoubeïr Mouhli et Justin McGuinness, sous la direction de Sémia Akrout-Yaïche, Tunis, 1800-1950. Portrait architectural et urbain
(Tunis, 2004).
Jean-Baptiste Minnaert, Histoires d’architectures en Méditerranée XIXe-XXe siècles. Ecrire l’histoire d’un héritage bâti (Paris, 2005).
Mohamed Awad, Patrimoines partagés en Méditerranée. Eléments clés de la réhabilitation (Programme Euromed Heritage II; Alexandria Preservation Trust, 2005).

 

Pour plus de renseignement SITE WEB ARCHIMAG

12.10.2010

Vision de la Medina de Tunis

 

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Aujourd'hui je vous convie une nouvelle fois dans la Medina...ici photographiée par mes soins en juin dernier. Je vous convie à lire un article du Journal La Presse du Jour et de vous procurer le livre Le goût de Tunis

"La culture tunisienne du siècle dernier doit une fière chandelle au café Taht essour (sous les remparts), lieu de rencontre, d’enrichissement et d’échange, et source d’inspiration des plus grands hommes de lettres et artistes."


Alors Mesdames, cela vous donne le goût de nous rejoindre?

06.10.2010

Dream City, itinéraires dans la Medina de Tunis

Ne vous avais-j41789_152341831471859_2148_n.jpge pas dit hier, que les Tunisiens eux-mêmes se réappropriaient leur vieille ville. Pour la deuxième année consécutive se déroulera Dream City 2010 : Itinéraires d'Art Contemporain dans la Médina de Tunis

"Du 13 au 16 octobre 2010 se tiendra la seconde édition de Dream City
, proposition artistique pluridisciplinaire d’art en espace public dans La Médina de Tunis d’un collectif d’artistes tunisiens réunis pour émettre ensemble du sens."

L'IFC, Institut français de coopération y prend aussi largement sa part; lors de cette deuxième édition, elle y présente dans ce périple dans la vieille ville des artistes français venus grâce à l'Institut pour la circonstance, comme " la compagnie de danse Ex Nihilo (Marseille), qui aime prendre pour terrain de (ré)création l’espace public. Avec Amalgame(s) - ‘amal ‘al gam, l’œuvre d’union, en arabe - elle ira à la découverte de la médina de Tunis pour une performance in situ, originale et inédite."


A cette occasion, le blog de Dream City a été ouvert, je vous engage à aller y faire un tour: LE BLOG.

On y découvre tous les parcours et parmi ceux-ci, j'ai choisi de vous présenter MANEL wu SAOUSSEN une
Performance  de 12mn avec l'actrice Sondos Belhassen, la danseuse Malek Sebaï, Patricia Triki, l'artiste photographe et la mise en scène dee Khawla Elhadef

Le magazine Tunivisions nous révèle que "le public aura le choix entre 3 parcours urbains où il va évoluer librement pendant près de quatre heures, voyageant au cœur de la cité entre passé et modernité, découvrant des œuvres, des artistes, dialoguant avec eux, participant activement à cette fête de l'art qui fait irruption dans leur quotidien et dont ils sont à la fois les destinataires et les acteurs. Car, au delà des interventions artistiques dans l'espace public, DREAM CITY veut imaginer un "art citoyen", un travail de rêve collectif sur le territoire."

L'art tunisien se réinvente et l'art urbain, longtemps négligé est de la fête. L'espace public festif une recette pour remettre du lien social au coeur des vieilles cités. Une excellente initiative. J'ai hâte d'y aller et vous?


04.10.2010

La Medina de Tunis, un patrimoine réapproprié

"Le vent souffle à travers les murs tremblants de notre vieille Médina de Tunis et balaye sur son passage, les poussières par lesquels le présent espérait masquer le passé.
Le vent souffle et raconte toute l’histoire de ces lieux magiques. L’histoire, seule maîtresse du lieu, n’a jamais quitté son temple. Le vent souffle et fait respirer le temps, un facteur qui marque par des traces indélébiles l’espace. L’espace, finalement, scène éternelle des caprices du temps."

Auteur : Leïla CHAMMEN dans La Presse d'aujourd'hui 4 octobre 2010

 

IMG_3230.JPGLe très beau texte de Leila Chammem vient ce jour attirer mon attention car il s'adresse aux jeunes tunisiens, en cette année internationale de la jeunesse, et met à l'honneur ce patrimoine, si longtemps négligé par les Tunisiens et qui désormais reprend vie grâce à l'intervention pionnière et passionnée de quelques citoyens regroupés au sein de l'Association de sauvegarde de la Medina de Tunis, dès 1967. Ainsi la Medina, coeur historique de la ville a été inscrite depuis 1979 au patrimoine mondial de l'Unesco.

En cliquant sur la photo de cette belle porte photographiée en 2008, vous découvrirez le travail de l'association et sa stratégie durable:

"La sauvegarde de ce noyau historique imprégné de culture, chargé d’histoire, mémoire collective de toute une population, et son intégration dans un monde dit « moderne », mécanisé et en pleine mutation technologique, n’est pas une tâche aisée.
Comment éviter la momification ou la marginalisation de patrimoine ?"

 

La question est bien posée car les deux risques majeurs pour les vieilles villes historiques sont effectivement là: soit une ville restaurée et ne comptenant plus de vie, car ils ne reste plus d'habitant et seulement des musées et des lieux de tourisme...alors telle une momie, la ville se meurt...se décompose; soit la ville est laissée à l'abandon, elle devient décadente et seules les populations marginalisées y vivent, en ayant pour conséquence un délabrement humain et patrimonial.

Aussi l'Association a pris une stratégie appelée en Amérique "sustainable development", une stratégie durable qu'ils expriment ainsi:


"Sachant que d’une part, le développement d’un tourisme sauvage non planifié pourrait avoir des conséquences néfastes sur le site et que, d’autre part, les villes historiques abritent souvent des populations à revenus faibles, incapables de supporter les coûts d’entretien et de conservation. Le plaidoyer développé est donc la mise en oeuvre d’une stratégie de sauvegarde durable alliant deux approches de visées différentes, la culture et le social, et les projets réalisés depuis ont traduit cette volonté de vouloir mener parallèlement la sauvegarde de ce patrimoine en tant que patrimoine monumental et de valeur culturelle, et la sauvegarde de ce patrimoine en tant que patrimoine immobilier et social (15.000 logements) remplissant un rôle important aux niveaux social et économique."Dar el Behi.jpg

Mais la Medina c'est aussi du patrimoine privé rénové et valorisé comme le magnifique Dar El Behi, en fermant les yeux on se trouve transportées, Mesdames au temps du Bey de Tunis. On est sous le charme des ors et des stucs, des parfums et de l'esprit du lieu. Je me souviens de soirées ramadanesques frisant les mille et une nuits dans ce lieu de charme.

Ce qu'il est tout à fait remarquable c'est la réappropriation de cette Medina par les Tunisiens et de signaler comme le fit le nouveau magazine en ligne 100% Tunisien,TUNIVISIONS, Manifestation saveurs et médina, 1ère édition: Le premier parcours culturel de fin de Ramadan

On doit le mot de la fin à Leila Chammam à lasquelle il faut reconnaitre on doit de mettre en exergue un décret de 1920 qui a permis de sauver la Medina des assauts des démolisseurs modernistes en gelant par ce décret le champ d'action de ces derniers.

Alors Mesdames si vous ne vous êtes jamais promenées dans la Medina de Tunis, je vous y invite car désormais, elle s'est faite belle pour vous!

"on se rend finalement compte de l’œuvre entreprise depuis longtemps pour maintenir ce temple intact. Le choix de figer ce paysage, défiant l’histoire et les rides du temps, explique la note sacrée qui enveloppe ces lieux, et le respect qui s’impose devant ces monuments, fatigués, peut-être, mais toujours debout et fiers d'exposer le pouvoir que peut avoir l’homme sur le temps. Ne seraient-ils pas le trophée et l'expression de cette victoire?" Leila Chammem

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21.04.2008

Tozeur, l'Alchimie Afro-orientale

409abe75693cd4e5e51600042b6cc736.jpgCe week end, mon amie Raja, une Tunisienne à la fois moderne et traditionnelle, rencontrée à mon précédent voyage est allée à Tozeur au Premier Festival des Musiques du Monde, intitulé : Tozeur, l'Orientale Africaine.

Selon Abderrazek Cherait, le Maire de Tozeur et le président du comité d’organisation du festival, l’Orientale Africaine, est un échange, une spiritualité ou un passé retrouvé. « Tozeur est une cité à l’identité plurielle, africaine par ses racines, orientale par sa culture, elle a rayonné bien au-delà de ses frontières »
C'est intéressant cette définition car je me l'a fait mienne bien souvent car je me dis plurielle quand on me demande quelle est mon identité et je rajoute citoyenne du Monde.

Il n'y a pas longtemps mon copain Nejib, le créateur du portail sur le Cinéma tunisien m'avait parlé du Mezoued; il m'avait expliqué que c'était une musique tunisienne qu'il appréciait alors je suis allée écouter, mais je ne suis pas forcément la meilleure juge : Chadia Chaabane-
law ken lik nwalli.
Dans la programmation du festival, le Mezoued tunisien était évidemment de la partie, le samedi soir et lors du concert de clôture Iran/Tunisie à la Maison De La Culture, l'Ensemble Shanbehzadeh d'Iran interprétait du Mezoued Tunisien.

5d36ce122158f6a8ea992dc9889684a6.jpgJ'ai voulu en savoir plus sur le Mezoued :

"
Le mezoued ou mezwed est un instrument à vent traditionnel de Tunisie qui correspond à une forme musicale propre. Cette cornemuse, d'une longueur de soixante-quatre centimètres, répandue en Tunisie est également utilisée en Algérie et en Libye. D'origine bédouine, cet instrument se serait diffusé des campements nomades vers les campagnes puis les villes. Il se joue généralement accompagné du bendir, du tbal et de la darbouka. Cette forme musicale, où l'instrumental domine, est accompagnée des paroles d'un chanteur exprimées en tunisien (et non en arabe comme dans les formes classiques de musique) et souvent accompagné d'un chœur masculin ou féminin.

Le mezoued se diffuse dans la culture urbaine des populations plutôt défavorisées et déracinées par l'exode rural. Il peut être vu comme l'expression d'un mal-vivre et d'une défiance vis-à-vis de la culture dominante, car il s'inscrit volontiers contre les codes de la bienséance en adoptant un langage argotique et en traitant de thèmes provocateurs. Ses plus sévères critiques associent le mezoued au zendali (réputé comme le chant des taulards).Cela étant, le mezoued est de plus en plus incorporé au répertoire de grands chanteurs tel Hédi Jouini, regagnant ainsi une vraie place dans la cité.

source Jetsetmagazine.net

Tozeur la perle plurielle:


Située au nord-ouest du Chott el-Jérid, Tozeur est la capitale du Djérid, au coeur de l'une des oasis les plus célèbres au monde, qui a connu un peuplement ancien dont l'origine principale est berbère. Centre actif du commerce caravanier transsaharien fréquenté par les Puniques, elle voit les Romains s'y installer en 33 av. J.-C.; ils rebaptisent la ville et la nomment Thusuros. Peu de vestiges attestent de cette époque pendant laquelle la ville devient un poste sur le limes (frontière) saharien. Spécialisée dans le commerce de dattes, elle est une plaque tournante du commerce des esclaves (sur la voie romaine allant de Gabès à Biskra). De l'influence chrétienne, il subsiste une église devenue ensuite la mosquée al-Kasr (à Bled al-Haddar).

C'est au XIIIe siècle que la ville se convertit à l'Islam avec l'arrivée des Hafsides. Elle se développe ensuite en dehors de sa palmeraie et connaît un grand essor économique jusqu'à son apogée au XIVe siècle.

0a5f73c50ddf39e0f4d41afff93bb6f9.jpgfa11e461226edefaccd74cc6b12f582f.jpgDe nos jours, Tozeur et le chef-lieu du gouvernorat du même nom. La commune est créée le 23 juillet 1888. Elle compte selon les sources de 42 000 à 70 000 habitants (?). La ville est construite en briques typiques du Jerid, faites d'un mélange de sable et d'argile. Le plus vieux quartier est constitué de petites ruelles datant du XIVe siècle (Ouled-el-Hadef) à l'architecture plein de charme.

La ville est entourée d'une palmeraie d'environ 1000 hectares, abritant quelques 400 000 arbres, irrigués par 200 sources. Ces palmiers dattiers constituent la première source de richesse Mais la ville de Tozeur possède un autre atout, le tourisme.Grâce à son climat doux et sec en dehors du pic de l'été et grâce à ses oasis elle attire de plus en plus de visiteurs

Photo Palmeraie de tozeur - Les Trésors de la TUNISIE Septembre 2006

14.12.2007

Aïda, Takrouna et le Rocher Bleu

f61018ffc23e7f561e516c56a09a4a72.jpeg«Takrouna est un petit village berbère de Tunisie situé tout près d’Enfida .

Dès la sortie de cette ville on peut apercevoir ce nid d’aigle, accroché sur le sommet d’un piton rocheux, surplombant la vallée.

Les maisons de pierre, blanchies à la chaux, aux toits bas en forme de voûte, s’enroulent autour du sommet, de ce haut promontoire, posé au centre de la région fertile du Sahel.

Takrouna n’est accessible que par le Nord. Les autres cotés surplombent une falaise d’une cinquantaine de mètres.

7536bf5011ecd5c205e27aa6f2108c14.jpegUne haie de figuiers de barbarie borde la voie centrale qui longe le cimetière, puis serpente sur les quatre niveaux du village.

La seule façon de se rendre au plus haut du village c’est à pied. Arrivées au sommet, un paysage à couper le souffle s’offre alors à nous sur 360° dévoilant à perte de vue une mer d’oliviers.»

Ainsi s'exprime un blogeur qui décrit avec la précision d'un géographe, un lieu unique et attachant, un village f2379960ae1c0345b3bc4b698515cfa6.jpgberbère montagneux qui revit grâce à la pugnacité et le courage d'une Femme Aïda, Artiste Peintre, Céramiste, Artisane et Décoratrice. Revenue dans le village de ses ancêtres, elle créée en 2002 un café Le Rocher Bleu et un écomusée dans la foulée. Cette initiative admirable fait revivre le village et des touristes accourent pour découvrir le site enchanteur. J'ai découvert cette femme et son lieu grâce à Samia Katar de la revue Saisons Tunisiennes qui parle si bien de cette femme et de ce village.

e14ebbd4ba7e3c019a658a6e9a05bc19.jpgAida a même créé son BLOG que je vous invite à visiter pour la richesse de son contenu. Ci-contre l'aquarelle du peintre japonais Sakawami exprime la couleur de la région et nous plonge dans ce paysage buccolique.

 " En fait, la colline n’est pas complètement abandonnée, les habitants continuent à 2ae403c4559d720916c2027ad0a227cc.jpgmonter et à descendre, à relier le passé au présent et ...au futur. Un des jeunes nous raconte que le village était jadis partagé en quatre quartiers distincts : le Kef, le Bled, la Houma et El Aîn ; où habitaient les différents clans, ‘arch Guigua, ‘arch Chehoudi, ‘arch Gmach, ‘arch Hassine, principales familles de Takrouna." Samia Katar

Au café, venez vous installer sur la terrasse et savourez le temps qui passe!

A l'espace le Rocher Bleu, c'est la maîtresse des lieux, Aida Bellagha, elle même qui assure l'accueil et la visite des lieux, visite qui s'achève inévitablement par une prise de vue sur tout le village qui offre une vue exceptionnelle à 360 degrés, histoire d'immortaliser le village de Takrouna.

 

13.11.2007

Nouvelle série: Une femme, un lieu

De retour de mon voyage d'affaires en Tunisie et suite aux formidables rencontres de femmes tunisiennes que j'ai faites, j'ai envie d'initier une rubrique une femme un lieu.

Je vais tout de suite commencer par la ville de la Marsa et la Présidente de l'association de sauvegarde du patrimoine de La Marsa Radhia Ben M'RAD

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cliquez pour voir en détail 

"L’Association de sauvegarde de la ville de La Marsa (ASVM) qui vient de naître veut contribuer à la préservation et à la mise en valeur du patrimoine architectural tout en établissant des relations de partenariat avec des associations similaires. L’ASVM, présidée par l’urbaniste Radhia Ben Mrad, ayant à son actif une longue carrière à l’Agence urbaine du Grand-Tunis, et comptant parmi ses membres plusieurs architectes et spécialistes de l’histoire et du patrimoine, incarne en réalité un vœu pieux des Marsois." TunisienWEB

La Presse rendait hommage à cette initiative et je dois vous avouer que j'ai lu l'article aux côtés de Radhia cette femme déterminée et connaisseuse, amoureuse de l'histoire et du patrimoine de ce lieu unique. 

"La Marsa est probablement la plus ancienne cité balnéaire de Tunisie.
5bee8abb2f11d7b468d73a688da855f0.jpg Le palais d’El  Abdelliya, miraculeusement épargné par le temps, construit au XVe siècle —  rare témoignage de l’architecture hafside —  atteste du passage des rois de l’époque dans cette station bénie par la nature. Ses plages magnifiques, la qualité de sa brise maritime, ses vergers et ses jardins ont attiré par la suite les beys husseinites et dans leur sillage les notables de la capitale. Des résidences princières surgissent au XIXe  siècle. Puis des villas art déco, art nouveau, classiques ou arabisantes fleurissent sur le front de mer, autour du Saf Saf et à côté du palais Dar El Kamila, l’actuelle Résidence def37b4ed602010aac8ea555624f5c53d1.jpg France."

Tout en discutant du sentiment patrimonial et de la prise de conscience des résidents de la qualité d'un bien précieux à chérir et à valoriser, nous avons parlé de la Tunisie et des associations de sauvegarde du patrimoine en Europe et dans le Monde.

"L’ASVM  qui a reçu le chaleureux soutien du maire, M. Kamel Salhi, — «La municipalité de La Marsa est une école de démocratie. J’y ai toujours été écoutée et motivée pour aller de l’avant», affirme Radhia Ben Mrad — a déjà établi un programme prioritaire.
Tout d’abord réaliser un inventaire des édifices à valeur patrimoniale dont la protection 4b47f65a5565688446c2a8e60ddc631d.jpgs’impose. Ensuite définir, au sein d’une commission qui réunirait à côté de l’ASVM des cadres municipaux et du ministère de la Culture ainsi que des spécialistes de l’urbanisme, le cachet de la ville en établissant un cahier des charges des couleurs, des hauteurs et des façades.
 

A ce moment-là, la municipalité devrait trouver les outils pour le faire appliquer avec toute la rigueur nécessaire.
«Ce document garantirait une continuité et une cohérence architecturale à la ville et mettrait fin à la propagation de projets surdimensionnés», souligne la présidente de la toute jeune association.
Autre action d’urgence : sauver le palais Ahmed Bey en convaincant les nouveaux propriétaires à préserver au moins les façades du monument. Et à lui donner une vocation en harmonie avec le passé qu’il porte. Radhia Ben Mrad le voit bien transformé en maison d’hôte ou abritant un village artisanal.

L’Association a, d’autre part, d’ores et déjà conçu un plan pour lifter, rafraîchir et animer la Place du 20 Mars  qui relie deux points stratégiques, la promenade de la Corniche et le quartier du Saf Saf. Elle veut, à l’image de l’avenue Bourguiba, revoir en collaboration avec les techniciens municipaux le pavage de cette zone piétonne (une chance pour la ville), restaurer les façades, encourager les restaurateurs à étendre des terrasses sur la place en adoptant un mobilier urbain de qualité. Et aussi inviter les libraires, les galeristes et les artisans à ouvrir des commerces à cet endroit qui pourrait accueillir des animations temporaires en rapport avec l’âme et l’art de vivre si particuliers de La Marsa, un après-midi de dégustation de glaces, des concours gastronomiques, des expositions d’artisanat ou d’articles de sport nautique.

3c8837587861f716386fddc79a0c6204.jpgLorsqu’elle se balade à La Marsa où elle réside tous les étés, Radhia Ben Mrad se sent en territoire ami. Normal, son grand-père maternel, Abd Essattar Bahri, grand mécène de la vie culturelle et sportive locale, ne possédait-il pas l’illustre café le Saf Saf ? Mais même si la ville doit pour l’urbaniste préserver ce charme un brin rétro, elle doit aussi aller de l’avant."

Radhia a été frappée par une phrase dans le cadre de l'exposition temporaire à la Station Luxembourg à Paris celle de Mariella G.Sola et Romain Osi elle a rlevé cette phrase inscrite au fronton de l'exposition photographique: «Ce n’est pas de cela qu’est faite la ville mais de relations entre les mesures de son espace et les événements de son passé. Mais la ville ne doit pas subir son passé, elle le possède pareil aux lignes d’une main inscrit aux coins des rues». Et tout en me racontant l'anecdote de cette découverte, nous réfléchissions au rôle des femmes dans la préservation patrimoniale. 

La ville et la femme ont bien un lien intime. Dans le cas de Radhia, c'est une réalité puisque Radhia en plus est Urbaniste. 

 

 

 

05.10.2007

KSARS sur le vif, comme si nous y étions


KSARS
Vidéo envoyée par Lesainsois
La Ghorfa est l'élément de base d'un ksar que l'on trouve au Maghreb. Chaque ksar peut comporter de 1 à 6 étages de centaines de ghorfas, en moyenne 200. Ksar Ouled Soltane détient un record avec 400 ghorfas. Les ghorfas sont des cellules voûtées ayant la forme d'un demi-cylindre clos du côté extérieur du ksar et muni d'une porte ouvrant sur la cour. A moins d'appartenir à une même tribu, deux ghorfas voisines ne communiquent pas, et l'espace parfois aménagé entre elles permet de dissimuler les produits de valeur. Une ghorfa est une sorte de grenier servant à emmagasiner des denrées, des céréales dans la partie basse, des olives et des fromages dans la partie haute. L'aération est assurée par 2 trous dans les murs extérieur et intérieur créant un courant d'air.

24.08.2007

Un nouveau livre sur Sidi Bou Saïd

En direct du Journal la Presse, l'annonce vient de paraître

Sidi Bou Saïd

• Collection Un certain regard — Dunes Editions

"C’est à Jacques Perez qui nous devons cette jolie collection de «Beaux petits livres» ou de «Petits beaux livres».

Le photographe d’une certaine Tunisie a décidé, un jour, de nous faire profiter d’une mémoire visuelle immense, et de l’un des plus beaux fonds de photos d’art que possède la Tunisie.

Et d’en faire des livres.

Dans sa carrière de «faiseur de livres», il nous parle des choses qu’il aime : de lieux magiques, de beaux objets, de superbes demeures.

C’est à Sidi Bou Saïd que nous convie cette fois ce capteur d’images. Et il réussit, ma foi, la gageure de montrer le village tel qu’on l’a rarement vu : non pas seulement avec le télé-objectif d’un pur esthète, mais à travers le filtre d’une sensibilité à fleur de peau, d’une empathie totale avec les gens et les choses, les chats et les vieilles pierres, les marchands de jasmin et les fumeurs de narguilé, les gamins des rues et les pigeons voyageurs.

Il avoue, lui-même : «En fait, chacun croit posséder “son” Sidi Bou Saïd, son rêve de Sidi Bou Saïd comme si le temps en conservait intactes les ombres et les lumières dans les mémoires».

Il a demandé à un autre amoureux de la Tunisie et de ses rivages de présenter le livre : Frédéric Mitterrand, qui en signe la préface, avait déjà pour référence le livre culte dédié à Sidi Bou Saïd par Max Pol Fouchet, et déjà illustré par Jacques Perez. De ce nouvel ouvrage, il écrit : «Jacques Perez nous propose, aujourd’hui, de revenir avec lui sur ses pas et de nous retourner en sa compagnie vers la colline enchantée de Sidi Bou Saïd. Il nous offre un plaisir renouvelé car il nous montre que l’essentiel a été préservé».

(....)

«C’est le lieu de tous les possibles, et de tous les imaginaires… il a d’abord inspiré les dieux : ils l’ont modelé, sculpté, dessiné, coloré, l’ont fait naître d’un souffle emprunt de pureté, de légèreté, de transparence.

Il a inspiré poètes, peintres et écrivains, et leurs œuvres, indéfiniment renouvelées, composent un hommage incessant»." C'est ainsi que l'écrivaine Leila Ladjimi Sebaï.

Ce lieu mythique ne cesse de séduire et tant mieux!

Ce livre est encore indisponible en France et la petite maison d'édition reste tout de même confidentielle. J'espère que ce livre sera disponible sur Internet prochainement 

 

lire aussi Tunisie7arts 

 

Et une interview rare de Jacques Perez par un bloggeur tunisien dont je conseille vivement le blog si vous aimez la photographie celui de Hamideddine Bouali

20.08.2007

El Kef et son patrimoine

f12d68c4f4eeab304ca40eac64b7df52.jpeg«El Kef» est le titre du livre édité par le ministère et l’Office du Tourisme consacré à cette région du Nord-Ouest. Ce livre, signé Tahar Ayachi, comporte des photos de Samir Ghola.

La région d’El Kef est peu visitée et garde son intérêt exceptionnel pour les amoureuses et amoureux de la culture encore authentique.

En 1855, le scientifique français E. Pelissier de Raynaud a décrit El Kef, dans la Revue des Deux Mondes. Cette dernière est un périodique français bi-mensuel , fondé le 1er août 1829 par Prosper Mauroy, et P. de Ségur-Dupeyron. la Revue des Deux Mondes absorbe en 1830 Le Journal des Voyages. Les observations de Pelissier concernant la Tunisie datent d’un voyage ayant eu lieu de 1840-1842. Voilà ce qu’il écrivait du Kef :

"Description de la Régence de Tunis"

e1c240dd69cf64d8581dbe4ebb059d77.jpg« Remontons vers le nord pour arriver à El-Kef, chef-lieu de toute cette partie de la régence. Cette ville est bâtie sur le penchant d'une montagne volcanique, des éruptions de laquelle la tradition du pays a conservé le souvenir; car, outre son nom de Kef, qui signifie "rocher", on l'appelle encore quelque fois Chekeb-en-Nahr, c'est-à-dire "la crevasse de feu".

Elle est entourée d'un mur peu fort, mais en assez bon état d'entretien, flanqué de quelques petits bastions avec batteries. Le périmètre en est un quadrilatère dont le plus grand côté peut avoir 400 mètres. Ce côté est au midi et dans la partie basse de la ville. Vers le milieu de celui du nord, qui est dans la partie la plus élevée, se trouve la kasbah et tout auprès un château plus petit; ces deux forts sont solidement construits en bonnes pierres et assez convenablement armés.

Vers l'ouest de la ville, au-dessous de la kasbah, l'enceinte fait une petite saillie pour couvrir un groupe de maisons, qui parait avoir été originairement un faubourg. C'est de ce côté que sont les jardins. Partout ailleurs on ne voit que roches et ravins, qui rendraient les approches de la ville difficiles. Mais au nord de la kasbah, la berge du ravin qui existe en cet endroit est couronnée par une petite esplanade où le terrain est meuble, et où l'on pourrait, par conséquent établir des batteries. En tournant les jardins, on arriverait sans difficulté sur cette esplanade, qui est le véritable point d'attaque, puisque de là on peut battre la kasbah, dont la prise entrainerait celle de la ville.

e2ae2d1b440009a362dc2a9824d6bfea.jpgEl-Kef, que les Tunisiens regardent comme une place fort importante, et qui en effet n'est pas sans valeur, serait du reste sans influence contre une armée d'invasion venant de l'Algérie. La marche de cette armée serait tout naturellement tracée par la vallée de la Medjerda, qui la conduirait jusqu'à Medjez-el-Bab. De cette localité à Tunis le trajet est court et facile.

La population d'El-Kef est de six mille âmes. On y voit quelques ruines et un grand nombre d'inscriptions. C'est la Sicca Veneria des anciens. Cette ville est la résidence habituelle du kaïa d'El-Kef ou de la Rakba, nom générique que l'on donne quelquefois à toute cette contrée. Celui qui exerce en ce moment ces importantes fonctions est Salah-Ben-Mohamed, que son énergie et sa dextérité dans les affaires ont fait surnommer le Chitan-el-Gheilah "le démon de midi". C'est un fort et puissant homme de cinquante-cinq ans environ. Son extraction est commune; il ne s'est élevé que par sa bravoure et son habileté. Son pouvoir est très grand; son influence morale l'est encore plus peut-être. Un de ses fils est kaïd de Badja, un autre kaïd des Madjer; de sorte qu'il domine, par lui-même ou par les siens, tout l'ouest d'abord, plus une partie du nord et une partie du midi de la régence.

c6d2a38541045fa7b5b9d114b9637797.gifPlus loin il déclame
« Mon village, salut! Nom sec et rocailleux,
Toi qui te nommais Kef, autrement dit : Rocher,
Jadis tu te nommas d'un nom évocateur,
Mariant le numide et le parler de Rome,
Rappelant le soleil qui assèche et assomme
Ainsi que la Déesse aux baisers capiteux ;
Indélébilement par le ciseau gravé
Sur le cippe, la stèle ou le marbre glorieux,
Ô nom, toi qui fus doux sur des lèvres inhumaines
Lesquelles, trop meurtries d'avoir dans des buccins
Soufflé, te susurraient : Sicca Veneria
Tu chantes à mon oreille, ô nom que modula
Jadis l'hiérodule au fond du soir serein,
Quand bruissait le temple jusqu'aux architraves,
Les jets d'eau hoquetaient en sanglots graves... »

 

88423c717dd253b3f88ab05c04d28c8b.gifDans le journal La Presse d’aujourd’hui à Tunis, on parle justement de cette région et du rôle des femmes locales, le titre de l’article est Toutes ces femmes qui donnent l’exemple dans la rubrique Reportage Le Kef — Economie rurale

La région du Kef, située à environ 170 km au sud-ouest de Tunisie, est un ensemble de hauts plateaux à vocation agricole, notamment en production céréalière. Elle qui fut jadis un grenier à blé pour Rome, a connu au fil du temps de graves problèmes écologiques à cause de la sécheresse et de la dégradation de l’environnement, ce qui amène la région à se désertifier. Depuis 1998, un plan de lutte contre la désertification a été mis en place en Tunisie. Depuis 2004 la conscience environnementale mondiale 3ac58d1f4324a10c280d122565a838e6.jpginjecte des aides au développement grâce aux fonds du PNUD. Ainsi le Governorat d.El Kef en bénéficie, en partenariat avec le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable tunisien.

El Kef a également pris conscience de la valeur patrimoniale de sa Medina et a fondé en 1991 une ASSOCIATION DE SAUVEGARDE DE LA MEDINA et depuis 2006 une association de promotion du tourisme. C'est une des régions les plus intéressantes pour concevoir des voyages culturels et de rencontres amicales que je vais vous proposer très prochainement.

Pour tout apprendre sur le Kef un bon site








 

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