20.08.2007
El Kef et son patrimoine
«El Kef» est le titre du livre édité par le ministère et l’Office du Tourisme consacré à cette région du Nord-Ouest. Ce livre, signé Tahar Ayachi, comporte des photos de Samir Ghola.
La région d’El Kef est peu visitée et garde son intérêt exceptionnel pour les amoureuses et amoureux de la culture encore authentique.
En 1855, le scientifique français E. Pelissier de Raynaud a décrit El Kef, dans la Revue des Deux Mondes. Cette dernière est un périodique français bi-mensuel , fondé le 1er août 1829 par Prosper Mauroy, et P. de Ségur-Dupeyron. la Revue des Deux Mondes absorbe en 1830 Le Journal des Voyages. Les observations de Pelissier concernant la Tunisie datent d’un voyage ayant eu lieu de 1840-1842. Voilà ce qu’il écrivait du Kef :
"Description de la Régence de Tunis"
« Remontons vers le nord pour arriver à El-Kef, chef-lieu de toute cette partie de la régence. Cette ville est bâtie sur le penchant d'une montagne volcanique, des éruptions de laquelle la tradition du pays a conservé le souvenir; car, outre son nom de Kef, qui signifie "rocher", on l'appelle encore quelque fois Chekeb-en-Nahr, c'est-à-dire "la crevasse de feu".
Elle est entourée d'un mur peu fort, mais en assez bon état d'entretien, flanqué de quelques petits bastions avec batteries. Le périmètre en est un quadrilatère dont le plus grand côté peut avoir 400 mètres. Ce côté est au midi et dans la partie basse de la ville. Vers le milieu de celui du nord, qui est dans la partie la plus élevée, se trouve la kasbah et tout auprès un château plus petit; ces deux forts sont solidement construits en bonnes pierres et assez convenablement armés.
Vers l'ouest de la ville, au-dessous de la kasbah, l'enceinte fait une petite saillie pour couvrir un groupe de maisons, qui parait avoir été originairement un faubourg. C'est de ce côté que sont les jardins. Partout ailleurs on ne voit que roches et ravins, qui rendraient les approches de la ville difficiles. Mais au nord de la kasbah, la berge du ravin qui existe en cet endroit est couronnée par une petite esplanade où le terrain est meuble, et où l'on pourrait, par conséquent établir des batteries. En tournant les jardins, on arriverait sans difficulté sur cette esplanade, qui est le véritable point d'attaque, puisque de là on peut battre la kasbah, dont la prise entrainerait celle de la ville.
El-Kef, que les Tunisiens regardent comme une place fort importante, et qui en effet n'est pas sans valeur, serait du reste sans influence contre une armée d'invasion venant de l'Algérie. La marche de cette armée serait tout naturellement tracée par la vallée de la Medjerda, qui la conduirait jusqu'à Medjez-el-Bab. De cette localité à Tunis le trajet est court et facile.
La population d'El-Kef est de six mille âmes. On y voit quelques ruines et un grand nombre d'inscriptions. C'est la Sicca Veneria des anciens. Cette ville est la résidence habituelle du kaïa d'El-Kef ou de la Rakba, nom générique que l'on donne quelquefois à toute cette contrée. Celui qui exerce en ce moment ces importantes fonctions est Salah-Ben-Mohamed, que son énergie et sa dextérité dans les affaires ont fait surnommer le Chitan-el-Gheilah "le démon de midi". C'est un fort et puissant homme de cinquante-cinq ans environ. Son extraction est commune; il ne s'est élevé que par sa bravoure et son habileté. Son pouvoir est très grand; son influence morale l'est encore plus peut-être. Un de ses fils est kaïd de Badja, un autre kaïd des Madjer; de sorte qu'il domine, par lui-même ou par les siens, tout l'ouest d'abord, plus une partie du nord et une partie du midi de la régence.
Plus loin il déclame
« Mon village, salut! Nom sec et rocailleux,
Toi qui te nommais Kef, autrement dit : Rocher,
Jadis tu te nommas d'un nom évocateur,
Mariant le numide et le parler de Rome,
Rappelant le soleil qui assèche et assomme
Ainsi que la Déesse aux baisers capiteux ;
Indélébilement par le ciseau gravé
Sur le cippe, la stèle ou le marbre glorieux,
Ô nom, toi qui fus doux sur des lèvres inhumaines
Lesquelles, trop meurtries d'avoir dans des buccins
Soufflé, te susurraient : Sicca Veneria
Tu chantes à mon oreille, ô nom que modula
Jadis l'hiérodule au fond du soir serein,
Quand bruissait le temple jusqu'aux architraves,
Les jets d'eau hoquetaient en sanglots graves... »
Dans le journal La Presse d’aujourd’hui à Tunis, on parle justement de cette région et du rôle des femmes locales, le titre de l’article est Toutes ces femmes qui donnent l’exemple dans la rubrique Reportage Le Kef — Economie rurale
La région du Kef, située à environ 170 km au sud-ouest de Tunisie, est un ensemble de hauts plateaux à vocation agricole, notamment en production céréalière. Elle qui fut jadis un grenier à blé pour Rome, a connu au fil du temps de graves problèmes écologiques à cause de la sécheresse et de la dégradation de l’environnement, ce qui amène la région à se désertifier. Depuis 1998, un plan de lutte contre la désertification a été mis en place en Tunisie. Depuis 2004 la conscience environnementale mondiale
injecte des aides au développement grâce aux fonds du PNUD. Ainsi le Governorat d.El Kef en bénéficie, en partenariat avec le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable tunisien.
El Kef a également pris conscience de la valeur patrimoniale de sa Medina et a fondé en 1991 une ASSOCIATION DE SAUVEGARDE DE LA MEDINA et depuis 2006 une association de promotion du tourisme. C'est une des régions les plus intéressantes pour concevoir des voyages culturels et de rencontres amicales que je vais vous proposer très prochainement.
Pour tout apprendre sur le Kef un bon site
19:35 Publié dans Activités, Architecture, Blog Tunisie, Circuits tunisiens, FEMMES, Nature, patrimoine, Voyage | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Patrimoine, Medina, ElKef, Le Kef, Tourisme, culture, réccits










